Les syndicats en justice contre la direction de Ford

La première rencontre des syndicats de Genk avec la direction européenne du constructeur automobile américain depuis l’annonce de la fermeture prochaine de l’usine limbourgeoise a tourné court, ce jeudi matin à la maison communale de Genk. Elle n’a duré que 20 minutes. L’administrateur délégué Stephen Odell n’était pas présent. Les syndicats reprochent à la direction de ne pas respecter la convention collective de travail, qui assurait une sécurité d’emploi jusqu’en 2020 et la construction de 3 nouveaux modèles.

Les syndicats avaient souhaité que leur première rencontre avec la direction européenne de Ford, depuis l’annonce de la fermeture de l’usine limbourgeoise d’ici 2014 au plus tard, ait lieu au sein de la fabrique de Genk. Mais la direction, qui craignait apparemment d’être prise en otage, a refusé. Le bourgmestre de Genk avait donc proposé sa maison communale comme lieu neutre de rencontre. Un lieu qui avait été tenu secret jusqu’à ce jeudi matin.

Malgré la demande pressante des syndicats, l’administrateur-délégué de Ford Europe Stephen Odell n’était pas présent à la réunion. Cette dernière n’a d’ailleurs duré qu’une vingtaine de minutes et n’a pas donné lieu à une discussion entre la direction et les syndicats.

Les syndicats ont en effet immédiatement lu un texte annonçant un constat de défaut d’exécution de la part de la direction et leur intention de lancer une action en justice. Ils estiment en effet que la direction de Ford ne respecte pas la convention collective de travail en fermant l’usine d’ici 2014. Cette convention prévoit en effet une sécurité de travail jusqu’en 2020 et l’assemblage de trois nouveaux modèles de voitures sur le site limbourgeois.

La direction n’a pu répondre aux accusations des syndicats, ces derniers ayant ensuite quitté la salle de la réunion. « Cette action n’était pas destinée à boycotter les négociations, mais à sauvegarder les droits des travailleurs », a précisé Rhonny Champagne du syndicat socialiste.

Les syndicats se disent donc prêts à poursuivre les négociations sociales avec la direction, dans l’idée de sauver encore autant d’emplois que possible à Genk, ou du moins d’obtenir de bonnes conditions de départ pour les travailleurs de l’usine, mais aussi pour leurs collègues dans les entreprises de sous-traitance.

De son côté, la direction de Ford voulait discuter des milliers de voitures qui ont été assemblées dans l’usine limbourgeoise ces dernières semaines et qui doivent être envoyées aux clients ou distributeurs, mais qui sont retenues par le personnel à Genk, comme moyen de pression.