Encore un ex-CEO de Fortis inculpé

Après Jean-Paul Votron, ex-CEO de Fortis, c'est Filip Dierckx, actuel vice-président du comité de direction de BNP Paribas Fortis et président de Febelfin qui a été inculpé dans le dossier Fortis.

Ex-président de Fortis Banque, Filip Dierckx est actuellement vice-président du comité de direction de BNP Paribas Fortis, président de Febelfin -la fédération du secteur bancaire- et de SD Worx. BNP Paribas Fortis a confirmé l'inculpation mais a réaffirmé "toute sa confiance envers Filip Dierckx".

Actuellement, on ne sait pas encore si Gilbert Mittler, ex-CFO de Fortis et Herman Verwilst, ancien patron de la banque et numéro 2 du groupe seront inquiétés.

Les inculpations de MM. Votron et Dierckx sont la conséquence d'une enquête ouverte en 2008 par le parquet de Bruxelles au sujet d'éventuelles malversations commises par les cadres de Fortis. Le juge Burm a été saisi du dossier. Il a récemment transmis au parquet les résultats de son enquête portant sur la communication du groupe avant, pendant et après l'offre publique d'achat lancée en 2007 avec RBS et Santander sur ABN Amro, indique le quotidien l'Echo.

"Le groupe travaillait dans la totale collégialité"

Le groupe Fortis et son conseil d'administration travaillaient dans une "totale collégialité", a déclaré vendredi matin sur les ondes de La Première (RTBF) l'ancien CEO du bancassureur, Jean-Paul Votron. "Toutes les décisions du conseil d'administration étaient prises dans la collégialité", a expliqué M. Votron. Celui-ci est revenu sur son rôle de CEO qui consistait essentiellement, selon lui, à exécuter la stratégie définie par le conseil d'administration, alors présidé par Maurice Lippens. "Jamais je n'ai entendu la moindre critique de qui que ce soit, que ce soit du conseil d'administration, des contrôleurs ou des juristes."

S'agissant de l'opération de rachat d'ABN Amro, qui a marqué le début de la fin pour Fortis, M. Votron juge qu'il est "facile, quatre, cinq ans après les faits, de revoir le passé avec les connaissances du jour". Il a souligné que le plan mis sur la table avait été approuvé à 98% par les actionnaires et estimé que cette fusion avait tout son sens.

M. Votron a également affirmé que Fortis n'avait jamais communiqué de fausses informations sur sa situation. "Nous avons communiqué ce que nous savions au moment des faits et ce que nous pouvions communiquer." "Tant que j'étais CEO, jusqu'en juillet 2008, je n'ai vu aucune critique sur cette communication."
M. Votron a encore concédé qu'il n'avait pas été content de son départ, contraint, estimant préférable qu'un capitaine reste à son poste "durant la tempête".
Enfin, concernant le sort des actionnaires, lourdement touchés par la débâcle de Fortis, Jean-Paul Votron a déclaré trouver "cela désolant à tous points de vue" mais a estimé que des excuses ne pouvaient être présentées que si la vérité judiciaire en décidait ainsi.
L'ancien dirigeant, récemment inculpé pour manipulation de cours, a estimé avoir "suffisamment d'arguments" à faire valoir pour sa défense, mais regrette, à nouveau, "l'énorme médiatisation", qui ne crée "pas un cadre serein".