"Dexia enregistrera des pertes jusqu’en 2018"

Dans un communiqué publié ce 31 décembre, la banque résiduelle se réjouit de la validation par la Commission européenne du plan révisé de résolution ordonnée de Dexia par les Etats belge, français et luxembourgeois. « Une étape décisive pour le groupe ». Cette validation permettra l’augmentation de capital de 5,5 milliards d’euros et la mise en place du schéma définitif de garantie de financement tripartite. Des cessions sont encore prévues, pour renouer avec une rentabilité après 2018.

L’année 2012 aura été mouvementée pour le groupe Dexia. A la suite d’une nouvelle crise fin 2011, de nombreuses cessions ont déjà eu lieu. Dexia Banque Belgique - devenue entretemps Belfius - était ainsi vendue à l’automne 2011 à l’Etat belge pour 4 milliards d’euros.

Le 21 décembre dernier, les actionnaires de la banque résiduelle Dexia se prononçaient à la grande majorité en faveur de l’augmentation de capital de 5,5 milliards d’euros, qui sera souscrite intégralement par la Belgique et la France. Cette recapitalisation doit permettre à Dexia de poursuivre son démantèlement, sur plusieurs années.

La banque résiduelle se réjouit donc ce lundi que la Commission européenne ait validé le plan révisé soumis par les Etats belge, français et luxembourgeois. Selon elle, cela permettra d’éviter la matérialisation du risque systématique que représentait, à l’échelle de la zone euro et en premier lieu pour les trois Etats garants, une dissolution immédiate du groupe.

La validation permettra en effet l’augmentation de capital de 5,5 milliards d’euros de Dexia SA, permettant ainsi aux Etats de contrôler 94% du capital de la banque résiduelle. Les actions des petits actionnaires restants n’auront presque plus aucune valeur. D’autre part, la validation européenne permettra la mise en place du schéma définitif de garantie de financement tripartite. La Belgique, la France et le Luxembourg se sont engagés à accorder une garantie définitive de refinancement conjointe et non solidaire au bénéfice de Dexia Crédit Local. Le plafond de cette garantie s’élèvera à 85 milliards d’euros.

Le plan de démantèlement prévoit en outre la vente de certaines franchises commerciales et une gestion en extinction d’autres franchises, mais aussi la cession des participations de Dexia dans la banque espagnole Popular Banca Privada et dans l’assureur français Sofaxis, avant le 31 décembre 2013. Le groupe effectuera aussi une cession accélérée du portefeuille obligataire, « si les conditions du marché s’améliorent et lui offrent des opportunités de vente, sous réserve que ces ventes d’actifs n’aient pas un impact substantiel sur la solvabilité du groupe ».

Le communiqué précise encore que la stratégie de résolution « aboutira à une réduction importante de taille de bilan du groupe ». Ainsi, cette taille est passée fin septembre dernier à 384 milliards d’euros - soit une réduction de 41% par rapport à fin décembre 2011. « Le bilan poursuivra sa décroissance pour atteindre environ 150 milliards d’euros à la fin 2020 ».

La banque résiduelle s’attend encore à des pertes ces prochaines années. Elle espère renouer avec une rentabilité après 2018. Les résultats pour 2012 seront publiés le 20 février prochain.