Rappel sur le principe du cordon sanitaire

Alors que le cordon sanitaire, qui vise à exclure l’extrême droite de toute majorité politique, est en train de s’effriter dans plusieurs communes flamandes, l’initiateur de ce principe, l’écologiste Jos Geysels (ex-Agalev), nous rafraîchit la mémoire en nous rappelant pourquoi ce cordon a été mis en place en 1989 et à quoi il sert exactement.

Dans l’émission matinale "De Ochtend" sur Radio 1 (VRT), Jos Geysels constate que rien n’a changé au sein du parti flamand d’extrême droite Vlaams Belang. "Pour moi, l’important n’est pas le nom, mais les principes fondamentaux", explique l’ancien écologiste flamand, à l’initiative du cordon sanitaire. "Il faut partir du principe d’égalité et de non-discrimination. Tenons-nous en à ce qui a été conclu en 1989 entre les partis démocratiques", souligne-t-il.

Jos Geysels est loin d’être convaincu par les propos du nouveau président du Vlaams Belang, Gerolf Annemans, tenus hier dans les émissions "De Ochtend" et "Terzake" et dans le cadre desquels il s’éloigne du fameux plan en 70 points du Vlaams Blok.

Jos Geysels rappelle que Gerolf Annemans ne s’est par exemple pas distancié de l’arrêt de la cour d’appel de Gand condamnant son parti pour racisme. Pour Jos Geysels, les propos de la figure de proue du VB, Filip Dewinter, affirmant que les étrangers naissaient avec un couteau dans leurs couches, démontrent une fois de plus que le Vlaams Belang n’a pas changé.

Selon l’ancien président des verts flamands, les partis démocratiques ont chacun leurs opinions et leurs idéologies. Ils ne doivent toutefois pas oublié que le cordon sanitaire a été instauré dans le seul but de faire respecter les principes fondamentaux que sont l’égalité et la non-discrimination.

Le cordon sanitaire remis en question

La question d’une éventuelle rupture du cordon sanitaire s’est invitée dans différentes communes flamandes. Des membres du Vlaams Belang ont ainsi été nommés au sein de certains conseils de police ou de CPAS. Le parti d’extrême droite a parfois livré des voix à d’autres partis. Ce genre de situation va à l’encontre des règles imposées par le cordon sanitaire, impliquant une absence d’accords politiques avec le Vlaams Belang.

A Lebbeke par exemple, le VB Gunther Buggenhout a été élu membre du conseil de police, avec le soutien de la N-VA. En échange, le Vlaams Belang a soutenu les candidatures de la N-VA au conseil du CPAS. A Liedekerke, le CD&V Etienne Schouppe a également dénoncé l’effritement du cordon, après un accord entre l’Open VLD et le Vlaams Belang sur une liste commune au sein du CPAS et du conseil de police. De nombreuses autres communes sont concernées par ce genre de constats, comme à Denderleew.