L’usine Ford toujours bloquée, malgré une astreinte

Une septantaine de personnes travaillant pour des fournisseurs de la fabrique automobile de Genk continuaient ce mercredi à entraver l’accès des pièces détachées aux portes de l’usine, bien qu’ils s’exposent ainsi à une astreinte de 1.000 euros par infraction, à la suite d’une décision de justice obtenue par Ford en référé.

Il y a une semaine, une courte majorité des travailleurs de Ford à Genk (province du Limbourg) se prononçaient, par referendum, en faveur d’une reprise du travail, moyennant une prime. Mais des protestataires travaillant pour le constructeur automobile et surtout pour des entreprises de sous-traitance bloquent depuis lors l’accès de pièces détachées à l’usine, sans pour autant empêcher ceux qui veulent travailler d’entrer.

Le travail n’a donc pas encore pu reprendre à l’usine limbourgeoise - hormis pour quelques heures - faute d'approvisionnement en pièces détachées nécessaires à l’assemblage de voitures.

La direction de Ford Genk a donc porté plainte, en référé. Le tribunal a décidé ce mardi que le blocage de l’usine devait être levé, sous peine d’une astreinte de 1.000 euros par infraction. Cette menace semble cependant peu impressionner une septantaine de protestataires, qui ont poursuivi ce mercredi le blocage de leurs entreprises.

Les activistes affirment ne pas craindre que l’astreinte leur soit effectivement imposée. Ils contestent d’ailleurs que l’astreinte soit applicable. Selon eux, elle ne serait d’application que sur le terrain privé de Ford étant donné que c’est la direction du constructeur qui a intenté l’action en justice.

Les protestataires sont fermement décidés à poursuivre leur action, même si un huissier se présentait. Entretemps, des négociations se poursuivent toutefois. Une première concertation a eu lieu mardi entre les secrétaires des syndicats et la direction de SML, la plus grande entreprise de sous-traitance qui travaille pour Ford à Genk. Il y a été décidé de reprendre les négociations ce jeudi, pour discuter d’un agenda pour une concertation sociale.

Le syndicat socialiste affirme qu’une ouverture au dialogue s’est aussi manifestée dans d’autres entreprises de sous-traitance.