"Interdire les tests du Fyra en journée"

L’organisation néerlandaise d’usagers des transports "Maatschappij Voor Beter OV" demande que les tests sur les trains à grande vitesse Fyra soient effectués la nuit, afin d’éviter de perturber le trafic des autres trains.

L’organisation a envoyé un courrier au gestionnaire du réseau  ferroviaire néerlandais ProRail, en demandant de ne plus effectuer de tests durant la journée, parce que ceux-ci sont souvent la cause de perturbations du trafic des autres trains. De plus, les trains à grande vitesse Fyra pourraient perdre des pièces, ce qui constituerait un danger pour les autres trains ainsi que pour les voyageurs.

Un Thalys bloqué par un Fyra défectueux

Dimanche, sur le coup de 18 heures, un Thalys a été bloqué pendant 3 heures par un train Fyra tombé en panne à la frontière entre la Belgique et les Pays-Bas.

Un Thalys, parti à 17h19 d'Amsterdam, se trouvait derrière le Fyra défectueux. "Les passagers ont subi un retard de 3 heures", a précisé Infrabel.

Décision de la SNCB ce lundi

Les liaisons commerciales à bord des Fyra sont actuellement suspendues, mais certains trains continuent à rouler pour effectuer des tests. "Une panne a de nouveau été constatée à 18 heures", a confirmé un porte-parole de la SNCB. "On tente encore de trouver l'origine de cet incident", a-t-il ajouté.

C’est ce lundi que la SNCB devrait décider si elle suit l’exemple de la compagnie néerlandaise des chemins de fer (NS), qui a fait savoir qu’elle suspendait l’achat de nouveaux trains. Elle engagera aussi la responsabilité du fabricant italien pour les manquements constatés dans le matériel fourni.

Les trois trains commandés par la SNCB pour un montant de 63 millions d’euros n’ont pas encore été livrés. Le conseil d‘administration de la SNCB se réunit ce lundi matin et abordera le dossier. La société des chemins de fer n’exclut pas d’intenter une action en justice contre le constructeur AnsaldoBreda pour obtenir réparation du préjudice subi et casser le contrat.

"Les problèmes sont aussi la conséquence de choix politiques"

"Les problèmes liés au Fyra dépassent les maladies de jeunesse qui se présentent lors de la mise en circulation d'un nouveau train", affirme Roel Berghuis, du syndicat néerlandais FNV Spoor. Selon lui, de mauvais "choix politiques" doivent aussi être pointés du doigt.

Il dénonce l'absence de concertation avec les autorités belges lors de l'installation de la ligne à grande vitesse pour faire correspondre les lignes. Il regrette aussi que le prix ait été le premier critère de choix pour accorder le marché à l'Italien AnsaldoBreda, qui avait rentré la meilleure offre de prix mais n'avait qu'une faible expérience dans la fabrication de trains à grande vitesse.

Selon le syndicaliste, le personnel de train est l'une des premières victimes des problèmes de fonctionnement. "Ce sont des gens compétents qui travaillent chez NS Hispeed, qui se débrouillent avec les moyens du bord et privilégient toujours la sécurité. Ils subissent de plein fouet les ratés du Fyra", dit-il.

FNV Spoor ajoute que le Fyra subit par ailleurs les défaillances de l'infrastructure ferroviaire, qui sont de la responsabilité du gestionnaire du réseau ProRail et du gouvernement.