"Ne deviens pas pharmacien, fiston"

Les pharmaciens belges considèrent d’un œil sombre l’avenir de leur métier. Ce serait avant tout l’informatisation accrue qu’ils regrettent. Tant et si bien que plus de 60% des pharmaciens interrogés par le magazine spécialisé "Le Pharmacien" déconseilleraient actuellement à leurs enfants d’entreprendre les mêmes études universitaires qu’eux.

Il y a 10 ans encore, près d’un tiers des pharmacies en Belgique passaient des mains des parents à celles de l’un de leurs enfants, précise le quotidien Het Nieuwsblad. Une enquête réalisée par le magazine « Le Pharmacien » indique cependant maintenant que plus de 60% de ces spécialistes ne veulent absolument pas que leurs enfants se dirigent vers le même métier.

Un peu plus de la moitié des pharmaciens qui possèdent aujourd’hui leur propre pharmacie seraient du même avis. Un quart des spécialistes interrogés seraient las de leur métier. Ce sont avant tout les pharmaciens qui travaillent depuis longtemps dans le domaine qui s’en lassent.

L’Union des pharmaciens indique cependant que le mécontentement de ses membres provient essentiellement du fait que 2012 a été une année très difficile pour le secteur. « Ils ont ainsi été obligés de vendre les médicaments meilleur marché », explique le secrétaire-général Jan Depoorter dans les pages du Nieuwsblad. « Souvent le médicament générique n’est pas disponible de stock, ce qui a causé des frustrations, tant chez les patients que les pharmaciens ».

Selon Depoorter, nombre de pharmaciens regretteraient l’informatisation toujours accrue de leur métier, qui les oblige à passer davantage d’heures derrière leur ordinateur.