"Nous n’acceptons pas la décision d’ArcelorMittal"

Le Premier ministre Elio Di Rupo (PS) a réuni ce vendredi les représentants des gouvernements fédéral et wallon pour décider de la réponse à apporter à l’annonce de la fermeture de 7 lignes à froid sur 12 à l’usine ArcelorMittal à Liège. « Nous soutenons les travailleurs et les aiderons dans la recherche d’un plan social et pour sauver leurs emplois ». Le Premier ministre a aussi annoncé que son gouvernement recherche maintenant une repreneur industriel. Pendant ce temps, plusieurs centaines de travailleurs liégeois sont venus à Bruxelles pour y manifester leur indignation.

A leur arrivée à la réunion de concertation convoquée ce vendredi matin à Bruxelles par le Premier ministre Elio Di Rupo, tout juste rentré du Forum économique mondial de Davos, de nombreux ministres fédéraux et wallons se sont montrés indignés par la décision de la direction d’ArcelorMittal de fermer 7 des 12 lignes à froid de l’outil sidérurgique liégeois, ce qui condamnera 1.300 emplois.

La vice-Première ministre fédérale Laurette Onkelinx (PS) a estimé la décision scandaleuse et jugé que la Belgique doit prendre une initiative pour apporter une réponse européenne à la crise dans le secteur sidérurgique. Quant au ministre-président wallon, Rudy Demotte (PS), il a affirmé que des moyens étaient disponibles pour garantir un plan industriel pour l’outil sidérurgique liégeois, mais pas pour permettre au gouvernement wallon de reprendre les implantations liégeoises d’ArcelorMittal.

Recherche d’un repreneur

Le ministre wallon à l’Economie, Jean-Claude Marcourt (PS), avait annoncé ce vendredi matin se donner deux mois pour trouver un repreneur des activités que la direction d’ArcelorMittal veut abandonner à Liège. Il affirmait avoir déjà eu et prévoir encore toute une série de contacts informels dans ce but.

Selon Marcourt (photo), les pertes d’ArcelorMittal dans le bassin liégeois sont partiellement dues à la crise économique et la baisse de la demande, mais la décision de fermer 7 lignes à froid serait plutôt la conséquence d’une mauvaise stratégie du groupe sidérurgique. Le géant de l’acier se serait en effet concentré sur l’industrie automobile, alors que celle-ci n’offre plus tellement de perspectives, et n’a pas développé d’autre plan commercial pour les lignes de production liégeoises. « Je ne comprends pas cette stratégie », s’exclamait Marcourt.

Au terme de la réunion avec les représentants des gouvernements fédéral et wallon, le Premier ministre Di Rupo annonçait que son gouvernement recherche maintenant un repreneur pour les installations d’ArcelorMittal à Liège. Le gouvernement wallon créera, lui, une « task force » reprenant les syndicats et autorités locales. Elle doit analyser les pistes pour un plan industriel.

Elio Di Rupo annonçait aussi rechercher avec ses partenaires européens comment mieux contrôler l’arrivée d’entreprises non-européennes « qui ne respectent pas les règles à la concurrence ». Le gouvernement fédéral envisage une adaptation de la loi Renault, qui permette de poursuivre les activités sur le site liégeois jusqu’à ce qu’un repreneur ait pu être trouvé.

Nécessaire reconversion

Le vice-Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) plaidait ce vendredi matin en faveur d’une reconversion. « Nous devons réfléchir à quelle industrie nous pouvons conserver dans notre pays. Ce devrait être une industrie plus innovatrice ».

Un avis que partage la ministre fédérale à l’Emploi, Monica De Coninck (SP.A, photo). Elle a annoncé jeudi à la Chambre la création d’une « task force » pour les travailleurs touchés par les fermetures chez ArcelorMittal, à l’instar de ce qui a été fait suite à l’annonce de la fermeture de l’usine automobile Ford à Genk.

« Nous devons voir de façon pragmatique comment créer des emplois et comment libérer des moyens financiers à divers niveaux de pouvoir. Nous attirerons ainsi moins de multinationales, mais il y a beaucoup de potentiel chez les jeunes qui veulent créer leur propre entreprise ». Tout comme la Flandre, la Wallonie devient de plus en plus une économie de petites et moyennes entreprises.

« Il y a beaucoup de jeunes entrepreneurs avec des sociétés qui emploient entre 10 et 100 personnes, qui font du travail innovateur et se stimulent mutuellement. Et puis il ne faut pas oublier qu’au cours des 10 prochaines années quelque 500.000 personnes prendront leur retraite. Nous devons donc investir dans la formation continue et le recyclage », concluait Monica De Coninck.