"Rappeler aux jeunes la persécution des Juifs"

Le Sénat a reconnu, ce jeudi soir à l’unanimité, la responsabilité de l’Etat belge pour la persécution des Juifs en Belgique pendant la Deuxième Guerre mondiale. Un vote jugé historique par plusieurs parlementaires, près de 70 ans après la libération des camps. Les sénateurs encouragent aussi à poursuivre le travail de mémoire, notamment auprès des jeunes générations.

La résolution adoptée à l’unanimité ce jeudi soir par les 54 sénateurs présents, et en présence de représentants de la communauté juive dans les tribunes, reconnaît solennellement que « les autorités belges » ont mené pendant la Seconde Guerre mondiale une « collaboration » avec l’occupant allemand « indigne » d’une démocratie, avec des « conséquences dramatiques pour la population juive ».

Le Sénat a ainsi repris à son compte les conclusions d’une vaste étude de 1.100 pages publiée en 2007 par le Centre d’Etudes et de Documentation Guerres et Sociétés Contemporaines (CEGES), et intitulée « La Belgique docile ».

Les sénateurs invitent maintenant les parlements des diverses Communautés à poursuivre le travail de mémoire, en faisant en sorte que les événements tragiques de la Seconde Guerre mondiale soient enseignés notamment aux jeunes générations. Le Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB) abonde dans le même sens. Il a salué ce vendredi le vote au Sénat et appelé les Communautés à développer de nouveaux outils pédagogiques sur la Shoah.

Les sénateurs invitent en outre le gouvernement fédéral à examiner la question d’un « statut » pour les victimes de la déportation pour des raisons racistes, Juifs et Tziganes, ainsi que pour les orphelins de la Shoah. Les sénateurs reconnaissent eux-mêmes « l’état de déporté pour des raisons racistes » et d’orphelins de la Shoah à ces victimes de l’holocauste.

Selon les études les plus récentes, quelque 24.900 Juifs et 352 Tziganes de Belgique auraient été déportés pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce qui équivaut à près de la moitié de la communauté juive de Belgique. Presque tous les déportés juifs sont morts dans les camps de concentration et d’extermination du régime nazi. Les sénateurs admettent que la reconnaissance de responsabilité de l’Etat belge a été faite de façon tardive.