"Une enquête sur le rôle de la Belgique dans la Shoah"

Une soixantaine de personnes s'est rassemblée dimanche devant la Colonne du Congrès à Bruxelles à l'appel de deux organisations juives pour réclamer la mise sur pied d'une commission parlementaire d'enquête sur le rôle de la Belgique dans la Shoah durant la Seconde Guerre mondiale.

Elles répondaient à l'appel du Cercle Ben Gourion (CBG) et de l'Association pour la Mémoire de la Shoah (AMS) alors que le Sénat a reconnu jeudi, à l'unanimité, la "responsabilité de l'Etat belge" pour la persécution des Juifs en Belgique pendant ce conflit, un vote jugé "historique" par plusieurs parlementaires, près de 70 ans après la libération des camps.

Le CBG et l'ASM sont satisfaits de cette reconnaissance. Mais ils exigent "qu'elle soit suivie de façon urgente des modifications législatives indispensables afin de permettre à toutes les dernières victimes directes encore en vie de bénéficier de la compassion et de la solidarité nationale".

"Aujourd'hui, le droit à une pension de dédommagement est souvent refusé aux rescapés de la Shoah qui n'étaient pas belges au moment des persécutions et à ceux qui résident en Flandre", ont indiqué les deux associations dans un communiqué.

Le CBG et l'AMS demandent dès lors qu'une commission parlementaire d'enquête soit réunie et chargée de tirer toutes les conclusions nécessaires à la reconnaissance de ce crime contre l'humanité.

"La reconnaissance d'un crime ne clôt pas le processus de réconciliation. Une enquête doit être effectuée par une autorité officielle afin de déterminer son modus operandi. Le travail effectué par le Ceges (Centre d'Etudes et de Documentation sur la Guerre et les Sociétés contemporaines) et rassemblé sous le titre "La Belgique docile" pourra servir de base documentaire à cette enquête.

Les organisations juives souhaitent ainsi une étude des mécanismes qui ont permis cette violation de la constitution belge par des fonctionnaires.