Abdication: la presse flamande s'interroge

La renonciation au trône annoncée lundi soir par la reine Beatrix des Pays-Bas fait couler beaucoup d’encre dans les quotidiens du nord du pays. Les éditorialistes flamands s’interrogent notamment sur la succession royale en Belgique. Ils relèvent par ailleurs les grandes différences entre les deux royaumes.

Dans la Gazet van Antwerpen, Paul Geudens pose la question du timing d’une succession en Belgique. Il se demande ainsi si le moment est réellement approprié. Peu de responsables politiques sont demandeurs d’une abdication du roi Albert II, même si ce dernier a déjà atteint l’âge de 79 ans.

De son côté, le quotidien De Tijd tente une comparaison entre les royaumes belge et néerlandais. Jean Vanempten relève ainsi un manque de pragmatisme et de transparence de la famille royale belge. Citant notamment l’affaire des dotations, de la fondation de Fabiola ou encore le discours royal, l’éditorialiste estime que la monarchie belge a beaucoup à apprendre de son voisin du nord.

Si certains suggèrent que le roi Albert reste en place jusqu’aux prochaines élections de 2014, le Belang van Limburg remet cette période d'attente en question. Selon le quotidien, le prince Philippe a certes commis quelques petites erreurs par le passé, mais il effectue depuis un parcours sans faute. Eric Donckier se demande par ailleurs si le roi doit continuer à jouer un rôle dans la formation du gouvernement, soulignant que dans la grande majorité des royaumes, la fonction du souverain demeure protocolaire.

Pour l’éditorialiste du Nieuwsblad, une abdication du roi serait à court terme un cauchemar pour la Belgique. Elle mènerait à davantage d’insécurité politique et économique. Si le "pater familias" ne parvient lui-même pas à faire respecter le règlement interne, comment un successeur inexpérimenté pourrait-il s’en sortir, se demande Peter Mijlemans. En Comparaison avec les Pays-Bas, la Belgique demeure un terrain miné dans lequel un faux pas peut mener à une réaction en chaîne dont les conséquences sont imprévisibles.

Enfin, pour le Standaard, la monarchie héréditaire est dépassée. En Belgique, le souverain jouit théoriquement d’un rôle très vaste. Guy Tegenbos estime ainsi que si le pays veut faire survivre la monarchie, il faudra urgemment redéfinir ses rôles ainsi que son financement.