Les travailleurs d’ArcelorMittal en colère

De violents heurts ont opposé la police à des salariés d'ArcelorMittal venus protester à Namur contre la fermeture annoncée d'une partie du site du géant de l'acier à Liège. Après une rencontre avec les représentants des travailleurs, le gouvernement wallon a affiché sa détermination.

Les affrontements ont eu lieu lorsque des manifestants ont tenté de pénétrer dans le périmètre de sécurité installé par la police à une centaine de mètres du siège du gouvernement régional, surnommé "l'Elysette", dans le centre de la capitale wallonne.

Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes et de puissants canons à eau, tandis que les manifestants lançaient de nombreux pavés en direction des forces de l'ordre. Les vitres de plusieurs commerces ont été brisées et plusieurs manifestants légèrement blessés dans les échauffourées. Les magasins aux alentours ont été fermés et barricadés.

Les travailleurs d'ArcelorMittal, qui étaient entre 1.500 et 2.000 selon Belga, ont ensuite été refoulés, de manière musclée, par les forces de l'ordre.

Les salariés d'ArcelorMittal à Liège avaient voté lundi la reprise du travail pour mercredi, tout en décidant de mener une série d'actions pour protester contre la fermeture annoncée d'une partie du site sidérurgique, en commençant par Namur mardi.

"Nous allons accentuer la pression sur les hommes politiques. C'est à eux de faire plier Mittal", avait déclaré l'un des responsables syndicaux, David Camerini (CSC). Les syndicats ont également annoncé leur intention de mener ultérieurement d'autres actions devant le siège européen d'ArcelorMittal à Luxembourg et le Parlement européen à Strasbourg.

En charge des affaires économiques, la région de Wallonie a vivement dénoncé ces derniers jours l'annonce par ArcelorMittal de la fermeture définitive de six installations de sa "phase à froid" liégeoise, qui affectera 1.300 personnes, en raison de la "détérioration du marché européen".

Les autorités régionales ont annoncé vendredi qu'elles allaient "rechercher une reprise, totale ou partielle, des activités, par un autre opérateur industriel, avec le cas échéant le soutien de la région wallonne." Mais ArcelorMittal a déjà indiqué à des médias belges qu'il n'avait "pas l'intention de vendre quoi que ce soit, pas même aux autorités".

La restructuration à Liège est un nouveau coup dur pour l'économie belge après l'annonce il y a quelques mois de la fermeture en 2014 de l'usine Ford de Genk, en Flandre, où 10.000 emplois directs et indirects vont être supprimés.

Le gouvernement wallon prêt à une "épreuve de force"

Le gouvernement wallon a affiché sa détermination après une rencontre avec les représentants des travailleurs d'ArcelorMittal à Liège. Il dit n'exclure aucune solution, à condition qu'elle garantisse la pérennité de l'activité industrielle et la soutenabilité financière.

"Personne ne doit douter de notre détermination commune. Nous sommes prêts à une épreuve de force", a déclaré le ministre-président Rudy Demotte. Une 'task force' sera mise sur pied, qui étudiera toutes les pistes et dans laquelle les syndicats seront représentés.

Le gouvernement wallon et les syndicats se sont également tournés vers le fédéral. Ils soutiendront les initiatives "créant de nouveaux instruments juridiques permettant à l'échelon fédéral de se saisir des propriétés industrielles vouées à la fermeture".