Dutroux demande un bracelet électronique

Le pédophile condamné en 2004 à la prison à perpétuité pour enlèvements, viols et meurtres comparait ce lundi devant le tribunal d’application des peines de Bruxelles, à la suite de sa demande de continuer à purger sa peine en dehors de la prison sous surveillance avec un bracelet électronique. Le coût du dispositif de sécurité qui était déployé au palais de justice pour la venue de Marc Dutroux, dès 14h, est évalué à 50.000 euros. Il est très peu probable que le tribunal accorde cette supervision électronique à Dutroux.

Le fait que l’audience du tribunal d’application des peines se déroule ce lundi à Bruxelles, et non pas à la prison de Nivelles où Marc Dutroux réside actuellement, suscite de nombreuses réactions négatives. « Une audience à la prison de Nivelles aurait permis d’éviter de gros investissements et des mesures de sécurité », affirmait dimanche soir la ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet (CDH), à la télévision privée RTL-TVi.

Pour le déplacement à Bruxelles du pédophile condamné en 2004 à la prison à perpétuité quelque 200 agents de police étaient mobilisés. Ce qui représente un coût d’environ 30.000 à 50.000 euros, affirment les syndicats de la police. Ce dispositif de sécurité serait nécessaire pour éviter à tout prix une seconde évasion du violeur et meurtrier en série. L’escorte policière devait également servir à protéger Dutroux contre d’éventuels attentats.

La controverse autour de la venue à Bruxelles de Dutroux, dès 14h, provient aussi du fait que beaucoup considèrent l’audience comme superflue. Il est en effet très peu probable que l’ex-époux de Michelle Martin obtienne de pouvoir purger une peine alternative sous surveillance électronique. Il ne pourra demander une libération conditionnelle à proprement parlé - comme celle obtenue en 2012 par son ex-épouse - qu’à partir du 30 avril prochain, date à laquelle il aura purgé effectivement un tiers de sa peine.

Selon son avocat, Marc Dutroux ne serait pas non plus très content de devoir se rendre à Bruxelles pour l’audience à huis clos. « Dutroux n’a pas demandé tout ce cirque. Une audience à la prison de Nivelles aurait été plus facile pour tout le monde », déclarait Pierre Deutsch au quotidien Het Nieuwsblad.

La demande de bracelet électronique de Marc Dutroux crée l’émoi depuis plusieurs semaines. L’une de ses jeunes victimes, Laetitia Delhez (photo, à dr.), la mère de cette dernière, et Jean-Denis Lejeune (photo, à g.), le père de la petite Julie qui est décédée dans l’une des maisons de Dutroux, ont attaqué l’Etat belge devant la Cour européenne des droits de l’Homme à Strasbourg. Ils visent plus particulièrement l’absence de débat contradictoire dans la procédure de libération conditionnelle devant le tribunal de l’application des peines. Le frère d’Eefje Lambrecks - assassinée par Dutroux et ses complices - a également entamé une procédure juridique.

Laetitia Delhez, Patricia Martin et Jean-Denis Lejeune n’assistaient pas ce lundi à l’audience à Bruxelles. Entretemps, la Chambre a adopté la semaine dernière le projet de loi durcissant le régime des libérations conditionnelles. Un projet qui a été accéléré à la suite de la libération conditionnelle de Michelle Martin, complice de Marc Dutroux.

Ce lundi, le tribunal d’application des peines écoutait tous les arguments apportés en faveur et contre la surveillance par bracelet électronique de Marc Dutroux. Il aura ensuite 14 jours pour prendre une décision sur une éventuelle peine alternative avec surveillance électronique.

AP2004