Arnault promet des millions à l’Etat belge

Le milliardaire français Bernard Arnault, qui a demandé la nationalité belge, rompt pour la première fois le silence après son déménagement en Belgique, contesté pour des raisons fiscales. L’interview du bras droit du Français, accordée au quotidien financier flamand De Tijd, indique que le milliardaire promet à l’Etat belge des millions de revenus supplémentaires. Sa naturalisation n’aurait pas que des raisons financières.
AP2013

Les quotidiens belges De Tijd, L’Echo et La Libre Belgique ont recueilli les propos de Denis Dalibot, le bras droit du milliardaire français Bernard Arnault, qui est aussi de longue date le directeur financier de LVMH, l’empire du luxe détenu par Arnault. Dalibot a été envoyé dans notre pays pour y développer les activités du milliardaire français.

Selon Denis Dalibot, le Trésor public belge peut s’attendre à recevoir des millions d’euros. C’est en tous cas ce que devrait rapporter à la Belgique la présence de la filiale LVMH Finance Belgique, qui est installée à l’avenue Louise, à Bruxelles.

Cette filiale s’occupe du financement des activités du groupe de luxe au niveau mondial. Elle a déjà permis à la Belgique d’engranger en 2011 quelque 11,2 millions d’euros d’impôts sur les sociétés. En 2012, ce montant sera sensiblement supérieur, affirme Dalibot. D’autre part, LVMH aurait de véritables projets d’investissement dans notre pays. « Nous étudions différents projets en Belgique. Je pourrai vous annoncer encore d’autres bonnes nouvelles dans le futur ».

Denis Dalibot ajoute que la Belgique est accueillante pour les multinationales. Mais l'attractivité fiscale n'est pas la seule raison. "J'entends beaucoup de gens se plaindre, mais la Belgique est un pays stable." Sa situation géographique centrale et le bon niveau de formation des candidats à l'embauche sont aussi des atouts, explique le Français.

"Belge pour des raisons juridiques"

Denis Dalibot précise également que Bernard Arnault ne veut pas devenir belge pour des raisons fiscales, mais pour des raisons juridiques. Afin de garantir la continuité du groupe après son décès, Arnault a créé une fondation privée en Belgique en 2008.

Ce type de fondation n’existe pas en France. Pour éviter que le mécanisme de cette fondation puisse être contesté devant les tribunaux français, Bernard Arnault a donc demandé la nationalité belge.