Six à huit mois pour la destruction d’un champ OGM

Le tribunal correctionnel de Termonde a condamné mardi 11 membres du Field Liberation Movement à des peines de prison comprises entre six et huit mois pour s'en être pris à un champ de culture génétiquement modifiée. Cinq prévenus écopent de peines fermes. La condamnation a été prononcée par défaut et la défense compte faire opposition au jugement. Un nouveau procès est dès lors attendu.

Les onze prévenus devaient répondre de destructions, coups et blessures ou association de malfaiteurs. Ils avaient mené une action de protestation en mai 2011 à Wetteren contre des essais menés sur un champ de pommes de terre génétiquement modifiées.

Lors d'une audience, 91 "prévenus volontaires" voulaient également être jugés, mais le tribunal s'y était opposé. Les onze prévenus avaient quitté la salle parce qu'ils estimaient que leurs droits de défense avaient été bafoués. Le tribunal avait refusé d'accéder à une demande de leur avocat qui proposait d'entendre des témoins et de montrer des extraits vidéos.

Au final, deux prévenus ont été condamnés mardi à huit mois de prison ferme et à une amende de 550 euros. Trois autres prévenus ont écopé de six mois ferme, et six autres à six mois avec sursis.

"Très bien organisés, ils ont tenté de détruire le champ d'essai. Il y a d'autres façons de montrer qu'on n'est pas d'accord avec de telles expériences scientifiques. (...) Bien que l'action a été annoncée comme pacifique, il y a quand même eu de la violence", a estimé le tribunal.

Dédommagements aux parties civiles qui se disent satisfaites

Les onze membres du Field Liberation Movement devront également verser un total de 25.000 euros aux parties civiles, soit l'Institut pour la recherche en agriculture et pêche (Instituut voor Landbouw- en Visserijonderzoek - ILVO), l'Institut flamand pour la biotechnologie (Vlaamse Instituut voor de Biotechnologie - VIB), l'Université de Gand et la Haute-Ecole de Gand.

"Nous sommes satisfaits du jugement", commentait Me Kristiaan Vandenbussche, avocat de la partie civile. "Cette déclaration de culpabilité est un signal que de tels essais scientifiques ont une valeur, et ne peuvent pas être détruits aussi facilement. Le procès devrait à nouveau avoir lieu car les prévenus faisaient défaut, mais le tribunal a déjà émis clairement sa position à l'égard de tels faits."

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