L’UE sollicite la Belgique pour sa mission au Mali

L’Union européenne a formellement demandé à notre pays de participer à la mission européenne de conseil et de formation de l’armée malienne (UETM Mali). La Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la sécurité, Catherine Ashton (photo principale, à dr.), a écrit une lettre en ce sens aux autorités belges.

Jusqu’à présent, la Belgique ne s’est en effet pas encore engagée à participer à la mission européenne de conseil et de formation de l’armée malienne, en raison de divergences au sein du gouvernement fédéral. La mission UETM Mali devrait compter environ 500 hommes au total, mais souffre encore de certaines lacunes avant d’être définitivement lancée.

Le Conseil ministériel restreint avait donné, le 2 février dernier, son accord de principe à une participation, mais seulement en cas de révision de la contribution belge à l’opération militaire française Serval contre les groupes islamistes armés qui occupaient le nord du pays. Cette contribution belge comprend actuellement deux avions de transport C-130 « Hercules » opérant depuis Abidjan, en Côte d’Ivoire, et deux hélicoptères médicalisés basés sur l’aéroport de Sevaré, situé près de la ville de Mopti, à 600 km au nord-est de Bamako.

« Dans la mesure où la participation à cette opération serait revue, la Belgique pourrait considérer une participation à l’opération UETM », avaient indiqué les services du Premier ministre Elio Di Rupo. Dans sa lettre, la Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la sécurité, Catherine Ashton, sollicite formellement la participation de la Belgique.

AP2013

Sa demande porte sur l’envoi d’un détachement - a priori des fantassins -, destiné à assurer la protection des formateurs européens, indique l’Agence de presse Belga. De source diplomatique, on précise que les dernières lacunes à combler portent effectivement sur cet élément de « force protection » (en jargon militaire), mais surtout sur l’engagement de deux hélicoptères médicalisés, capables d’assurer des évacuations sanitaires. Or la Belgique est justement présente au Mali avec ses deux Agusta A109 (photo), ainsi configurés, actuellement sous le commandement des forces françaises.

L'Union européenne espère entamer la formation des premiers soldats maliens "à la fin mars, début avril" sur la base militaire de Koulikoro, à environ 200 kilomètres de la capitale. Elle mobilisera plus de 400 militaires, dont 170 instructeurs assistés par une force de protection. Ils formeront quatre bataillons de 650 soldats à tour de rôle.

La formation devrait durer deux mois, avec une importante dimension opérationnelle ainsi que des cours de droit international humanitaire et sur la protection des civils. Ce volet sera complété par une mission de conseil et de réorganisation de la chaîne de commandement de l'armée malienne, basée à Bamako et comptant une vingtaine d'experts européens.