De Block : "La proposition de Homans est inhumaine"

La proposition de la présidente du centre public d’aide sociale (CPAS) anversois, Liesbeth Homans (N-VA), de lier l’octroi de soins médicaux urgents à des illégaux à un départ volontaire du territoire belge choque la Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Maggie De Block (Open VLD, photo principale). "On ne peut tout de même pas laisser mourir en rue quelqu’un de gravement malade".

Ce lundi, l’Institut de médecine tropicale d’Anvers tirait la sonnette d’alarme face au fait que le CPAS de la métropole refuse depuis quelques mois déjà d’allouer encore automatiquement 800 euros mensuels pour le traitement d’un sans-papier séropositif. L’Institut juge dangereux pour la santé publique que des personnes en séjour illégal soient ainsi parfois privées d’antirétrovirus.

La présidente du CPAS anversois, Liesbeth Homans (N-VA, photo), défendait la façon de travailler de son centre, qui était d’ailleurs déjà pratiquée par la coalition communale précédente.

"Nous évaluons au cas par cas si le demandeur séropositif pourrait obtenir l’antirétrovirus aussi dans son pays d’origine. Si c’est le cas, nous ne voyons pas pourquoi le CPAS d’Anvers devrait prendre en charge les antirétroviraux onéreux. Les autorités fédérales n’interviennent aussi que partiellement dans le financement des thérapies".

Liesbeth Homans proposait en outre de lier l’octroi d’une aide médicale d’urgence - comme un subside pour l’achat d’antirétrovirus - à la condition que le malade en séjour illégal accepte de retourner de son propre gré dans son pays d’origine.

"Faut-il laisser mourir des gens dans la rue ?"

Interrogée par plusieurs médias au sujet de la proposition de la présidente du CPAS anversois, la Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Maggie De Block (Open VLD), se montre immédiatement critique. Elle souligne en outre qu’à l’heure actuelle tous les coûts de ce type de prise en charge sont remboursés intégralement par l’Etat fédéral aux CPAS.

« Nous ne comprenons vraiment pas la proposition. Veut-on qu’une personne gravement malade, qui refuse de s’engager à rentrer dans son pays d’origine, soit renvoyée à la rue et y perde la vie ? Ce n’est tout de même pas possible », réagit la porte-parole de Maggie De Block. La Secrétaire d’Etat elle-même qualifie la proposition de Liesbeth Homans d’inhumaine.

Maggie De Block rappelle l’existence d’un arrêté royal de 1966 qui indique que les personnes en séjour illégal ont droit à une aide urgente si elles disposent d’une attestation médicale. « Le jugement médical est donc dans les mains du médecin, pas du CPAS », conclut De Block.

La ministre fédérale de la Santé publique, Laurette Onkelinx (PS), rejette aussi la proposition de la directrice du CPAS anversois.