Schoenaerts meilleur espoir des Césars

La Belgique était omniprésente hier soir lors de la 38ème cérémonie des Césars. Le comédien anversois Matthias Schoenaerts a été couronné meilleur espoir masculin, devenant ainsi le tout premier Belge à obtenir le prestigieux prix. De son côté le réalisateur Nicolas Guiot a remporté le César du meilleur court-métrage. D’autres co-productions belges ont également été primées.

Dans "De rouille et d’os " de Jacques Audiard, Matthias Schoenaerts joue le rôle d’un boxeur, Ali, qui noue d’étroits liens avec une dresseuse d’orques amputée après un accident, interprétée par la Française Marion Cotillard. À 35 ans, l’Anversois semble avoir séduit la France. Il s’est vu attribuer le César du meilleur espoir masculin lors de cette 38ème cérémonie qui se tenait au théâtre du Châtelet, à Paris.

L'acteur s'est dit "énormément touché d'être accueilli dans la famille du cinéma français". Il a aussi remercié sa mère "une femme incroyable", sa "copine, la ravissante Alexandra". il a encore dédié son prix à "tous les comédiens qu'ont jamais gagné un prix mais qui en méritaient un". Matthieu Schoenaerts a enfin dédié son prix à son père, l’acteur Julien Schoenaerts, décédé depuis longtemps. "S'il n'y a pas d'amour, il n'y a rien", a-t-il encore dit.

Ce prestigieux prix français est une véritable consécration pour l’acteur anversois qui a connu ces dernières années une ascension fulgurante de sa carrière. Jeune élève au Conservatoire d'Anvers, Matthias Schoenaerts a débuté au cinéma à l'âge de 15 ans avec un petit rôle, avant d'enchaîner les films dix ans plus tard.

En 2010, il tourne pour la première fois sous la direction d'un réalisateur français, Franck Richard, dans le film fantastique "La Meute" aux côtés d'Emilie Dequenne et Yolande Moreau. En 2011, il joue le personnage principal dans le très remarqué "Bullhead", du jeune réalisateur flamand Michaël R. Roskam, nommé pour l'Oscar 2012 du meilleur film en langue étrangère. Son interprétation de Jacky, un éleveur corrompu de mèche avec un vétérinaire véreux, lui vaut plusieurs récompenses.

La Belgique gagnante

D’autres prix ont été attribués à des Belges par la plus grande institution du cinéma français. Nicolas Guiot est ainsi reparti avec le César du meilleur court-métrage pour son film "Le cri du homard".

"Ernest et Célestine", adaptation de l'oeuvre de Gabrielle Vincent par le Français Benjamin Renner et les Belges Vincent Patar et Stéphane Aubier, a reçu le César du meilleur film d'animation, catégorie dans laquelle concourrait également le court métrage belge "Oh Willy..."

La coproduction belgo-française "De Rouille et d'os" de Jacques Audiard, qui était nommée dans pas moins de neuf catégories est repartie avec quatre prix. Outre celui du meilleur espoir masculin, le film, coproduit par Luc et Jean-Pierre Dardenne (Les Films du Fleuve) avec le soutien du Centre du Cinéma, a remporté les Césars de la meilleure adaptation pour Jacques Audiard et Thomas Bidegain, de la meilleure musique originale pour Alexandre Desplat et du meilleur montage pour Juliette Welfling.

Repartis sans prix

D’autres Belges étaient également présents lors de la cérémonie. Lucas Belvaux concourrait ainsi dans la catégorie meilleure adaptation pour son film "38 témoins" mais c'est Jacques Audiard et Thomas Bidegain qui sont partis avec le César pour "De Rouille et d'os".

Jérémie Renier, qui concourrait dans la catégorie meilleur acteur pour son rôle dans "Cloclo", ne l'a pas emporté face à Jean-Louis Trintignant qui a remporté le César pour sa participation à "Amour". Le César de la meilleure actrice dans un second rôle, pour lequel était notamment nommée Yolande Moreau pour le film "Camille redouble", est allé à Valérie Benguigui pour "Le prénom".

Le film belge "Rundskop" de Michaël R. Roskam, nommé pour le César du Meilleur film étranger, tout comme le film "A perdre la raison" de Joachim Lafosse et "La part des Anges", une coproduction belge du réalisateur Ken Loach, a été battu par "Argo" de Ben Affleck. Le film "Populaire" de Régis Roinsard, coproduit en Belgique par Panache Production et La Compagnie Cinématographique, était également nommé dans plusieurs catégories mais est reparti sans prix vendredi soir.

Notons enfin que l’humoriste et comédien belge François Damiens, également connu sous le nom de François l’embrouille, a également eu son moment de gloire lors de la cérémonie. Désigné pour remettre le prix des meilleurs costumes, il a soulevé les rires du public plusieurs minutes durant, affrontant notamment dans un duel comique l’humoriste Jamel, président de cette 38ème édition.