Kim De Gelder reste vague sur ses mobiles

Journée cruciale ce lundi dans le procès aux assises de Flandre orientale de Kim De Gelder. Le jeune homme de 24 ans, qui comparaît pour 4 assassinats et 25 tentatives de meurtre début 2009, devait en effet répondre aux questions du président Koen Defoort sur son enfance et son adolescence, et sur la préparation et l’exécution de ses crimes. Il est resté vague sur ses mobiles, renvoyant même à la fin du procès, voire à un procès suivant.

Selon les témoins dans la salle d’audience, Kim De Gelder était assez calme et parlait sans trop hésiter ce lundi aux assises de Flandre orientale, où il était interrogé par le président Koen Defoort sur son enfance, son adolescence, mais aussi sur la préparation et l’accomplissement de ses crimes début 2009. L’accusé a répondu de bonne grâce aux questions sur son enfance et sa scolarité, mais est resté nettement plus vague sur les mobiles de ses actes.

Le président est revenu avec Kim De Gelder sur son enfance choyée, voire surprotégée, sur ses problèmes de santé et ses difficultés scolaires. Le jeune homme a reproché à ses parents des choix scolaires qu’il aurait subi et il a surtout laissé transparaître une profonde colère envers ses parents (dont il affirme avoir souhaité qu’ils disparaissent), qui n’auraient pas suffisamment cru en lui, envers un psychologue qui l’a humilié, un enseignant qui l’aurait attaqué psychiquement. Il affirme que ses condisciples à l’école l’auraient constamment humilié, en l’appelant « zombie » ou « homme de Neandertal », lorsqu’il s’est fait pousser les cheveux à l’âge de 15 ans.

De Gelder a expliqué avoir caché à ses amis ses tendances dépressives, qui ont culminé avec une tentative de suicide - en se couchant sur les rails de chemin de fer - fin 2006. Il affirme avoir eu l’impression d’être sans importance pour tout le monde, mais répond au président de la cour qu’il est capable d’empathie et en posséder d’ailleurs aussi pour les parties civiles.

A la question de savoir s’il avait entendu des voix, qui l’auraient poussé à commettre ses crimes, De Gelder déclare ne plus en être certain et avoir fait cette déclaration lors de son arrestation parce qu’un psychologue et son avocat y avaient fait allusion. Il déclare par contre n’avoir plus pu supporter ses parents et avoir imaginé de tuer d’autres personnes pour se débarrasser d’eux. Pourquoi avoir tué des inconnus plutôt que des proches ? "Parce que les personnes qu'on connaît, qu'on aime bien, on ne les tue pas", répondait le jeune homme.

Il a détaillé les "scénarios" qu'il avait imaginés. "Je voulais d'abord tuer des personnes dans la rue, puis dans une crèche, une école maternelle, un hôpital, une maison de repos, un centre commercial,...". Selon De Gelder, la voie qu'il a suivie "était la seule possible". Encore interrogé sur les mobiles de ses actes, il a répondu : "Je ne les dirai pas maintenant. Je les conserve pour la fin du procès ou pour un prochain procès."

Les meurtres d’Elza Van Raemdonck et à la crèche

Questionné ensuite sur le meurtre d’Elza Van Raemdonck (72 ans, photo), le 16 janvier 2009 au domicile de cette dernière, Kim De Gelder racontait de façon détaillée comment il a poignardé à mort sa victime. Tout en ajoutant ensuite qu’il a regretté son acte et s’en est senti mal. Mais qu’il n’avait pas le choix d’arrêter ses méfaits, ne voulant plus chercher « un emploi misérable ».

Après une pause, l’audience reprenait en début d’après-midi, et le président Koen Defoort interrogeait De Gelder sur son intrusion à la crèche Fabeltjesland (photo) à Saint-Gilles-Lez-Termonde (Flandre orientale), le 23 janvier 2009, qui a fait trois morts - une puéricultrice et deux bébés -, ainsi que des blessés. L’accusé a retracé les différentes « étapes » (comme il les a lui-même qualifiées) de son périple meurtrier.

Il soulignait avoir voulu ressortir de la crèche après y être entré, sentant qu’il allait commettre quelque chose de mal, mais avoir ensuite paniqué et vu les puéricultrices prises de panique, ce qui l’aurait poussé à frapper au couteau tous les adultes et enfants qui se trouvaient sur son passage. De Gelder s’est ensuite énervé ou a affirmé ne plus se souvenir quand le président lui a posé de nouvelles questions, devenant par moment insolent vis-à-vis du président ou de son avocat, Jaak Haentjens.

Interrogé sur sa personnalité, Kim De Gelder a également affirmé être « calme, sympathique et réservé. Autrefois j’avais de l’empathie, mais plus maintenant. J’essaye de ne pas répondre aux questions qui pourraient dévoiler mes sentiments ».