"Toute la transparence sur les transactions entre l’ACW et Belfius"

Les manoeuvres de l'ACW (pendant flamand du Mouvement ouvrier chrétien), et singulièrement ses transactions avec la banque Belfius, continuent de monopoliser l'attention mercredi alors que dans la foulée l'Open VLD, partenaire de coalition, se demande s'il n'y a pas lieu d'organiser une Commission d'enquête parlementaire.

Dans le collimateur se trouve le vice-premier ministre CD&V, étiqueté ACW, Steven Vanackere, par ailleurs ministre des Finances. Il compte "donner toute la transparence demandée" jeudi en séance plénière à la Chambre.

Alors que ce dernier a répété mardi ne pas avoir été mis au courant du deal financier intervenu entre l'ACW et Belfius, le quotidien De Morgen indique mercredi que la Société fédérale de Participations et Investissements (dirigée par l'ex-chef de cabinet de Didier Reynders, Koen Van Loo) avait transmis dans deux lettres au ministre Vanackere tous les détails relatifs à ce deal.

Au centre de l'attention, un taux d'intérêt secret de 1,5% versé en plus d'un taux de base de 6,25% rémunérant un placement à dix ans du mouvement ouvrier. Cette rémunération promise par la banque désormais publique est jugée indûment élevée par certains, notamment la N-VA.

Peu commentée, l'idée de mettre sur pied une Commission d'enquête parlementaire sur les agissements de l'ACW ne fait en tout cas pas consensus au sein de la majorité. Le PS n'en veut pas. "Quand on a l'impression que quelque chose est illégal, on fait une Commission d'enquête. Je n'ai pas l'impression qu'il y a quelque chose d'illégal", a indiqué la vice-première ministre Laurette Onkelinx, se demandant "pourquoi" l'Open VLD semblait demandeur.

Le chef de file des libéraux flamands, Alexander De Croo, s'est montré évasif. "C'est une question pour le parlement, moi je siège au gouvernement. Le parlement peut décider indépendamment du gouvernement qui doit alors accepter sa décision", a-t-il dit.

Mis en cause par la N-VA qui a évoqué des pratiques illégales, l'ACW se voit globalement reprocher d'avoir utilisé des montages fiscaux qu'il condamne pourtant dans ses discours. Personne n'a pu démontrer jusqu'ici l'illégalité des moyens utilisés par l'ACW mais les libéraux s'intéressent de près désormais au financement des syndicats qu'ils jugent hypocrite et peu transparent.

L'ACW, et dans une moindre mesure le MOC, ont vendu leurs participations bénéficiaires dans Belfius, réinjectant une partie de la somme engrangée dans un placement auprès de la banque. Ce deal resté secret est agité depuis plusieurs semaines par la N-VA et les libéraux flamands.