Les cabines téléphoniques en voie de disparition

Trois obligations de service universel en matière de communications électroniques, telles que les cabines téléphoniques, le service de renseignements et les annuaires, peuvent être levées, estime l'Institut belge des services postaux et des télécommunications (IBPT). Belgacom, qui le réclamait depuis longtemps, est satisfaite de cette prise de position. Belgacom n'est pas obligée de retirer immédiatement toutes les cabines.

"Nous constatons une forte pénétration de la téléphonie mobile dans notre société, avec un taux de 120%", souligne un porte-parole de l'IBPT. "Cela veut dire que le nombre de téléphones mobiles est plus élevé que le nombre d'habitants. On peut partir du principe que toute personne âgée entre 13 et 77 ans est propriétaire d'un téléphone mobile."
Par ailleurs, fin octobre 2012, on comptait 4.766 cabines téléphoniques dans notre pays. Depuis 2008, leur nombre est en baisse de 11% par an, "souvent à la demande des communes elles-mêmes", ajoute le porte-parole.
Aux Pays-Bas et en Allemagne, les homologues de l'IBPT sont arrivés à des conclusions similaires.
Pour ce qui concerne les postes téléphoniques payants publics, la loi autorise l'IBPT à lever les obligations de service universel. L'IBPT a donc rédigé un projet de décision.
S'agissant du service de renseignements et de l'annuaire, la loi stipule "que la levée des obligations de service universel doit être effectuée par le Roi, après avis de l'IBPT". Ce dernier a donc préparé un projet d'avis.
Ce projet de décision et ce projet d'avis sont soumis à la consultation du secteur.
"Après la levée des obligations de service universel, l'IBPT surveillera les conditions de fourniture des services visés (ou des services comparables). Le cas échéant, les obligations de service universel peuvent être à nouveau imposées", indique encore l'Institut.

Satisfaction de Belgacom

"Belgacom ne va pas retirer immédiatement toutes les cabines téléphoniques", souligne le porte-parole de l'entreprise, Jan Margot. Début février, 4.357 cabines étaient réparties sur le territoire. Ce nombre est en chute libre depuis quelques années. De plus, les appels durent, en moyenne, une minute au maximum. "Il va de soi que les cabines les moins utilisées seront d'abord retirées. Chaque commune en recensera encore une", explique le porte-parole.
Alors qu'une cabine coûte annuellement 1.000 euros net, sa suppression n'est pas gratuite. Le porte-parole de Belgacom explique que rien n'est venu du fonds pour le service universel, prévu dans la loi de 1991. La concurrence devrait alimenter le fonds pour compenser les frais de l'opérateur historique, d'après ce dernier.