Bain de sang social chez Caterpillar

La direction de Caterpillar Belgium a annoncé jeudi matin, au cours d'un conseil d'entreprise extraordinaire, la suppression de 1.400 emplois sur son site de Gosselies (Charleroi). Selon la direction du fabricant de machines liées au secteur de la construction, il s'agit d'un plan industriel et non d'un plan social.

Quelque 1.100 ouvriers et 300 employés sont concernés par cette annonce qui s'avère plus lourde encore que ce que craignaient les syndicats. Mercredi soir, la CNE avait dit redouter la perte de 850 emplois.

L'usine carolorégienne de la multinationale américaine, spécialisée dans la fabrication d'engins de génie civile, compte actuellement 3.700 travailleurs.

Après cette annonce, le gouvernement belge a réclamé une politique industrielle européenne "cohérente", s'attaquant notamment aux importations subventionnées ou ne respectant pas les normes de l'UE, afin d'endiguer les restructurations.

"Il faut un minimum de cohérence au niveau européen, et singulièrement au niveau d'une politique industrielle", a déclaré le Premier ministre Elio Di Rupo devant la Chambre des députés, plaidant ainsi en faveur d'une position de la Commission européenne.

Elio Di Rupo a ajouté avoir "demandé à voir le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso" pour s'entretenir avec lui de ces questions.

Pour la Belgique, "la concurrence doit être loyale" entre les industriels européennes et non-européens, a-t-il insisté. Or, le patron de Caterpillar Belgique, Nicolas Polutnik, estime que l'Europe importe "des machines qui, de toute apparence, ne respectent pas les normes européennes en matière environnementale, passant à travers les mailles des filets des contrôle", a relaté Elio Di Rupo, qui s'est entretenu avec lui.

En outre, un "bon nombre de ces machines" sont "largement subventionnées, tantôt par des aides directes, tantôt par des aides à l'exportation" dans leurs pays d'origine, faussant un peu plus la concurrence, selon les explications fournies par Caterpillar et répercutées devant les députés par Elio Di Rupo.

Principal centre de production Caterpillar en Europe, l'usine de Charleroi, qui fabrique notamment des excavatrices, est l'un des plus gros employeurs de la région, où le taux de chômage dépasse les 25%. L'annonce du plan social a provoqué un nouveau choc en Belgique après la fermeture prévue de l'usine Ford de Genk et d'une restructuration importante chez ArcelorMittal à Liège.