Le procureur Dams fait un pas de côté

Mis en cause dans l’affaire Jonathan Jacob, ce jeune homme qui a trouvé la mort il y a trois ans après une intervention policière musclée au commissariat de Mortsel, le procureur du roi d’Anvers Herman Dams a décidé de léguer temporairement la gestion quotidienne du Parquet au premier substitut. Par ailleurs, le procureur général d’Anvers, Yves Liégeois a été mis sous tutelle dans cette affaire.

L’annonce a été faite par la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom, interrogée par le sénateur Bert Anciaux, chef de groupe SP.A, et par le Vlaams Belang à propos de l'affaire du jeune toxicomane de 26 ans décédé dans un commissariat de Mortsel (Anvers).

Herman Dams aurait lui-même pris cette décision. Lors d’une discussion avec Annemie Turtelboom, il aurait exprimé son inquiétude face aux réactions émotionnelles liées à cette affaire et à la commotion qui s’en est suivi au sein du parquet d’Anvers.

Le procureur du roi d’Anvers a récemment avoué avoir caché qu’il était intervenu dans cette affaire. Selon les accusations, le parquet aurait donné l'ordre d'assoupir Jonathan Jacob, qui a été pris en charge par six policiers d'une équipe spéciale venue d'Anvers. La victime est décédée des coups qui lui ont été portés durant cette intervention.

La gestion du parquet d’Anvers sera désormais assurée par le premier substitut. Par ailleurs, le procureur général près la Cour de cassation a fait savoir par courrier à la ministre de la Justice qu'il avait "demandé de nouveaux renseignements au Parquet général d'Anvers à propos de l'affaire Jonathan Jacob", cela en vertu de sa fonction de contrôle prévue par le Code judiciaire.

"A présent que le procureur du Roi fait un pas de côté durant les semaines qui viennent, et que la Cour de cassation va suivre l'enquête de près, j'espère que la sérénité prévaudra dans l'intérêt de l'enquête relative à la mort de Jonathan Jacob", a indiqué Annemie Turtelboom.

Hormis la plainte au pénal visant des psychiatres, des médecins et des policiers, le parquet d'Anvers se voit reprocher une mauvaise gestion de ce dossier, les parents de la victime accusant le ministère public de faux en écriture, une plainte qui a fait l'objet d'un classement sans suite avant la réouverture, mardi, d'une enquête trois ans après les faits et quelques jours après la diffusion par la VRT des images du commissariat.

De son côté, le procureur général d'Anvers, Yves Liégeois, se voit également reprocher la gestion du Parquet au sein duquel a lieu une guerre des magistrats - Annemie Turtelboom a parlé de "guerre totale" qui donne une "mauvaise image de la Justice" - sur fond de guerre des polices, dans cette affaire comme dans d'autres, notamment celle du diamant. Yves Liégeois a ainsi été mis sous tutelle dans cette affaire.