De Gucht : "Di Rupo fait de l’Europe un bouc émissaire"

Pour le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht, les critiques du Premier ministre Elio Di Rupo (PS) selon lesquelles l’Europe n’aurait pas de politique industrielle cohérente, sont trop faciles. "La Belgique ferait mieux de se concentrer davantage sur la recherche et l’innovation afin de retrouver la croissance" ajoute De Gucht.

Au début de la semaine, le Premier ministre Elio Di Rupo a critiqué l'Europe à la suite des licenciements annoncés chez Caterpillar Gosselies (Hainaut). La direction de la multinationale veut y supprimer 1400 emplois. Les hommes politiques wallons ont réagi à l'unanimité de manière indignée. Le Premier ministre, lui-même, s’en est pris à l'Europe, coupable, selon lui, de ne pas avoir de politique industrielle cohérente.

Le commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht trouve que la critique est trop facile: "Je comprends que le Premier ministre Di Rupo réagisse de manière émotionnelle lorsqu’un drame social se déroule dans son pré carré, c'est tout à fait normal, mais il est trop facile d’utiliser l'Europe comme un bouc émissaire", explique De Gucht actuellement aux États-Unis.

Karel De Gucht estime que notre pays ferait mieux de s’engager davantage dans la recherche et l'innovation. "Le renouveau de l'industrie européenne et de l'industrie belge doit être consacré à la recherche et au développement de nouveaux produits lancés sur le marché. On ferait mieux de s’occuper de cela plutôt que de traiter constamment des questions institutionnelles".

Karel De Gucht se trouve actuellement aux Etats-Unis, où il prononçait un discours à l'Université de Harvard sur l'accord de libre-échange à venir entre l'Europe et les Etats-Unis. Pour le commissaire européen un tel accord constitue un plan de relance bon marché pour sortir de la crise.