L’Affaire ACW-Belfius: ce qu’il faut savoir

La saga "ACW-Belfius" autour des relations entre le mouvement ouvrier chrétien, essentiellement au nord du pays, et la banque née de l'implosion de Dexia avait connu un nouveau temps fort le 14 février dernier quand la N-VA accusa l'aile progressiste chrétienne, dont est issu Steven Vanackere, de fraude en tous genres. Des allégations démenties avec force par les susvisés, mais qui ont toutefois poussé le ministre des Finances vers la sortie.

Il a notamment été reproché à l'ACW d'utiliser des montages fiscaux pourtant régulièrement dénoncés par la CSC, le syndicat chrétien, qui constitue une des organisations essentielles du mouvement. Les libéraux ont alors parlé d'hypocrisie.

Le fond de l'affaire ACW-Belfius porte sur le rachat par la banque publique des parts bénéficiaires de l'ACW (110 millions d'euros), et dans une moindre mesure, de son pendant francophone, le MOC, en vertu d'un accord commercial jugé peu transparent.

Entre les lignes, la N-VA reproche à cette banque d'Etat de financer, avec l'argent du contribuable, la gauche chrétienne flamande dont les figures de proue sont l'ancien Premier ministre Yves Leterme et l'actuel ministre des Finances Steven Vanackere, aujourd'hui démissionnaire.

Une partie des 110 millions d'euros (72 millions d'euros) générée par la vente des parts bénéficiaire a été réinvestie dans Belfius sous la forme d'un prêt moyennant un intérêt de 6,25%. Il est ensuite apparu que l'ACW, en difficulté financière, bénéficiait au-delà d'un taux variable pouvant faire gonfler ses rentrées jusqu'à 900.000 euros supplémentaires par an.

Le ministre des Finances Steven Vanackere a toujours démenti avoir été au courant des tractations commerciales, en dépit d'informations en ce sens relayées continuellement dans la presse. Il l'a redit vendredi dernier en Commission de la Chambre, les représentants de Belfius assurant que le deal avec l'ACW avait également été largement profitable à la banque.

L'audition avait tempéré les velléités des libéraux de mettre en place une Commission d'enquête parlementaire, exigence jusqu'alors revendiquée par la seule N-VA. Mais finalement, alors que la presse continuait à mettre l'affaire à la une, Steven Vanackere a annoncé mardi sa démission, à un an des élections, et à quelques heures d'un important contrôle budgétaire.

Les relations entre l'ACW et Belfius s'inscrivent dans un contexte historique né de la fusion de Dexia avec les banques Bacob et Artesia, liées au mouvement ouvrier chrétien. Outre son aile syndicale, le mouvement ouvrier chrétien est également actif dans les milieux économiques, sociaux et de santé. Il est un important relais politique même si son influence a baissé ces dernières années et pourrait se trouver encore plus affaiblie après cette crise.

Depuis la liquidation d'Arco, bras financier du mouvement ouvrier chrétien dans Dexia, l'ACW et le MOC se sont retrouvés en difficultés financières, ce qui les oblige à opérer une restructuration.