Large soutien flamand à l'élargissement de l'euthanasie

Une large majorité semble se dégager, surtout du côté flamand, en faveur d'un texte de consensus pour un élargissement de la loi autorisant l'euthanasie sous certaines conditions aux mineurs. C'est en tout cas ce qui est apparu mercredi à l'issue d'une deuxième série d'auditions en Commissions jointes de la Justice et des Affaires sociales du Sénat. De leur côté, les évêques de Belgique ont exprimé leur opposition à cet élargissement.

Une discussion s'est engagée lorsque Jean-Jacques De Gucht (Open VLD-photo) a demandé qu'outre la poursuite des auditions, les commissions entament également une discussion politique sur les points qui ont déjà été abordés lors des auditions précédentes, ce qui est le cas pour les mineurs.

Guy Swennen (SP.A) a également plaidé en ce sens. Pour lui, il faudrait aussi augmenter le tempo des auditions. Elles devraient devenir hebdomadaires alors qu'elles sont actuellement organisées toutes les deux semaines. Elke Sleurs (N-VA), présidente de la commission des Affaires sociales, s'est dite d'accord avec cette proposition. Elle doit toutefois encore se concerter avec le président de la commission de la Justice Alain Courtois (MR), absent mercredi.

Le travail législatif pourrait débuter sur la base d'un texte de consensus élaboré par la commission, ont indiqué Freya Piryns (Groen) et Rik Torfs (CD&V). Ce dernier a fait remarquer que pour les chrétiens démocrates, l'euthanasie ne pourrait être autorisée pour les mineurs si l'on ne fait valoir que des souffrances psychiques insupportables. "Alors, nous collaborerions au suicide, ce que nous voulons éviter à tout prix", a dit M. Torfs.

Dans deux semaines, les commissions entameront les auditions sur le deuxième volet, à savoir l'euthanasie pour les personnes atteintes de démence ou de maladies neurogénétiques.

Forte opposition des évêques de Belgique

Les évêques de Belgique ont exprimé leur opposition à l’élargissement de la loi sur l’euthanasie par l’intermédiaire de l’archevêque André-Joseph Léonard, président de la Conférence épiscopale de Belgique. Mgr Léonard prône les soins palliatifs comme alternative.

"Déjà en 2002, nous avions exprimé nos plus vives réserves quant à la dépénalisation de l'euthanasie", a rappelé l'archevêque de Malines-Bruxelles lors d'une conférence de presse. "D'abord parce que nous disposons aujourd'hui de soins palliatifs performants et qu'en cas de souffrance intense et rebelle, nous pouvons encore faire appel, en dernier recours, à la sédation dans la stricte mesure du nécessaire."

En ce qui concerne la proposition d'étendre la loi aux mineurs d'âge, les évêques jugent qu'il est étrange qu'ils soient considérés comme légalement incapables de certains actes, par exemple de se marier, mais que tout à coup ils seraient suffisamment mûrs pour se faire donner la mort. Par ailleurs, ils estiment que l’euthanasie exerce une pression supplémentaire sur le secteur médical et paramédical.

Les évêques de Belgique appellent donc le législateur à plutôt considérer comment les grands malades, mineurs ou déments, pourront être mieux encore pris en charge par la Santé publique, notamment dans le cadre des soins palliatifs".