Limitation des night-shops au cœur de Bruxelles

Les autorités de la Ville de Bruxelles ont pris des mesures pour endiguer la prolifération des magasins de nuit dans la périphérie de protection de l’Unesco qui entoure la Grand ‘Place historique de la capitale. Ces trois dernières années, quelque 23 night-shops y ont en effet ouvert leurs portes. Nombre d’entre eux ne respecteraient pas les règlementations en vigueur, ce qui entraine partiellement des nuisances.

Selon l’échevine au Commerce de la Ville de Bruxelles, Marion Lemesre (MR), les commerces de nuit contribuent à la dévalorisation des quartiers où ils sont implantés, d’autant plus que certains d’entre eux ne tiennent pas compte des règlementations. La vente d’alcool en quantité engendre ainsi de l’insécurité pour les riverains, notamment en raison de criminalité et de nuisances.

« Nous ne sommes pas pour la fermeture de tous les magasins de nuit, mais de ceux qui génèrent des nuisances et ne respectent pas la règlementation interdisant leur ouverture dans un périmètre inférieur à 400 mètres par rapport à un établissement de ce type dûment enregistré », explique Lemesre. Ruth Lemmens, de la Ville de Bruxelles, ajoute que les autorités suspectent que certains night-shops vendent davantage que des cigarettes et de l’alcool.

Les autorités bruxelloises ont compté plus de 50 magasins de nuit et boutiques de souvenirs dans le périmètre de la Grand’ Place protégé par l’Unesco, dont 30 vendent de l’alcool. Vingt-trois de ces commerces ont ouvert leurs portes depuis 2009. Une prolifération que le collège des bourgmestre et échevins de la Ville tente d’endiguer, en introduisant des mesures nouvelles.

Conséquences concrètes

Dorénavant, les contrôles seront renforcés, notamment en ce qui concerne le respect des règles urbanistiques et fiscales. La Ville utilisera d’ailleurs plus intensément le dispositif fiscal, a indiqué l’échevin des Finances Philippe Close (PS). Ainsi, les 12.500 euros redevables à l’ouverture d’un night-shop et lors d’un changement de propriétaire, ainsi que les 2.000 euros de redevance annuelle seront exigés systématiquement des exploitants, si nécessaire par voie d’huissier.

Un premier effet du changement est déjà visible : trois commerces situés, respectivement, rue Duquesnoy, rue des Eperonniers et rue Marché au Charbon se sont vu apposer les scellés en milieu de semaine dernière parce qu’ils avaient été transformés illégalement en magasins de nuit. Le tribunal de première instance a donné raison à la Ville de Bruxelles, qui avait estimé que ce changement d’affectation aurait dû faire l’objet d’un permis d’urbanisme.