Pas d’aflatoxines dans le lait belge

Les échantillons de lait issu de vaches belges qui avaient été nourries avec des aliments pour animaux produits avec du maïs contenant des aflatoxines, des toxines cancérigènes, ne dépassent pas les normes européennes imposées en la matière, précise lundi soir l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca), qui les a fait analyser.

L'Agence alimentaire va demander à la Commission européenne de mener une enquête afin de savoir qui, en Allemagne, est responsable du retard dans la communication au sujet de la contamination. L'Association professionnelle des fabricants d'aliments composés pour animaux (Apfaca) examine actuellement la possibilité de se constituer partie civile.

Une partie du maïs contaminé aux aflatoxines était arrivée en Belgique. La majeure partie de ce chargement contaminé, à savoir 53.000 tonnes de maïs, avait été bloquée. Le reste a été utilisé pour la production d'aliments destinés au porcs, aux volailles et dans une moindre mesure au bétail.

L'évaluation du risque, sur base des analyses reçues d'Allemagne, et le taux d'incorporation du maïs dans les aliments pour animaux avaient montré "que la norme dans les aliments composés pour animaux n'avait en général pas été dépassée", rappelle l'Agence alimentaire dans un communiqué.

"Néanmoins, l'Afsca a prélevé des échantillons de lait dans les fermes ayant reçu des aliments suspects afin de faire analyser la teneur en aflatoxine M1. Tous les résultats demeurent sous la norme européenne de 0,05 ppb d'aflatoxine M1", ajoute-t-elle. L'Afsca et le secteur restent toutefois très vigilants sur l'utilisation de maïs contaminé provenant d'Europe centrale.

Le directeur de l'Apfaca, Yvan Dejaegher, a reçu lundi la confirmation de l'Afsca que le négociant allemand, ou le fabricant allemand, était déjà au courant de la contamination le 20 février. "Si un avertissement avait été adressé dès ce jour-là au niveau européen, cela nous aurait épargné beaucoup de peine", selon M. Dejaegher. "La manière dont nous allons à présent réagir dépendra de quel côté vient la faute. Mais nous poursuivrons certainement, parce que les principes élémentaires de la sécurité alimentaire n'ont pas été respectés."