"Je ne connais pas personnellement le nouveau pape"

L’archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr André-Joseph Léonard (photo principale), affirme que l’élection de l’Argentin Jorge Mario Bergoglio est une surprise totale. Mais il se réjouit de l’élection rapide d’un nouveau pape et du fait qu’il soit originaire d’Amérique latine. Des réactions de personnalités politiques se sont aussi fait entendre en Belgique, félicitant le nouveau pape François Ier.

Monseigneur Léonard affirme ne pas connaître personnellement l’Argentin Jorge Mario Bergoglio (photo ci-dessous) mais il a souligné que le nom du cardinal de 76 ans avait déjà été cité lors du dernier conclave, qui avait finalement débouché sur l’élection du pape Benoît XVI. L’archevêque de Maline-Bruxelles qualifie l’élection de l’Argentin de surprise totale, étant donné que son nom ne figurait pas cette fois sur la liste des grands favoris.

A la question de la pertinence du choix du nouveau pape, Mgr Léonard estime qu’il s’agit d’un bon choix. « Il a finalement reçu les deux tiers des voix ». Et la rapidité du choix est également un signe positif : « Le fait que cela se soit passé si vite montre qu’il y avait un certain consensus. Et c’est important ».

Pour l’archevêque belge, le fait que le nouveau pape vienne d’Amérique latine est une « bonne idée. C’est la première fois que ce continent offre un pape. L’Amérique latine est un continent important avec une grande population catholique ». André-Joseph Léonard n’est pas vraiment étonné que le nouveau pape ne soit pas un Européen. « C’était dans l’air depuis un certain temps ».

Enfin, l’archevêque de Malines-Bruxelles qualifie de très positif le choix du nom du pape. « François est le saint le plus célèbre dans le monde. Saint François est le patron des pauvres. C’est certainement un bon nom pour un pape ». Quant à l’âge avancé du nouveau chef de l’Eglise catholique (76 ans), ce n’est pas un problème pour Mgr Léonard. « J’avais quand même espéré que nous aurions un jeune pape », a-t-il cependant admis, tout en précisant que le cardinal argentin n’aurait pas accepté la tâche qui lui était confiée si son âge constituait un problème.

AP2013

Johan Bonny : "Heureux du choix"

L’évêque d’Anvers, Johan Bonny (photo), a réagi de façon très positive à l’élection du cardinal Bergoglio. « Je suis content de ce choix. Le nom de Jorge Bergoglio avait déjà circulé lors du précédent conclave. De nombreuses personnes qui avaient alors préféré un candidat d’un autre continent avaient pensé à lui ».

Bonny décrit le nouveau pape comme un homme « qui possède une riche expérience pastorale, et qui vivait proche du peuple et des pauvres en Argentine. C’est aussi un homme de la réconciliation. Je pense vraiment qu’il peut apporter quelque chose de plus à l’Eglise actuelle », précisait Johan Bonny. « Je pense que son élection est un signal d’espoir et de confiance pour l’ensemble de l’Amérique latine ».

Le Grand rabbin de Bruxelles, Albert Guigui, souhaite de son côté que François Ier continue, comme ses prédécesseurs Jean-Paul II et Benoît XVI, à tisser des relations fortes entre le monde chrétien et les Juifs. « Plus nos relations seront fortes, plus la compréhension mutuelle sera grande », déclarait-il.

"La communauté juive de Belgique constate que le choix de l'Eglise de Rome s'est porté sur un homme engagé et proche des pauvres, dont l'action dans son pays a été concrète. En Argentine, selon nos informations, ses rapports avec la communauté juive sont excellents. Il a déjà allumé des lumières lors de la fête juive d'Hanoucca. François a aussi été le premier, lors de l'attentat de Buenos Aires contre la communauté juive, à s'insurger et à signer une pétition contre le terrorisme", réagissait encore Albert Guigui.

Le monde politique belge salue l’élection

Le ministre-président flamand, Kris Peeters (CD&V, photo), a été le premier à réagir à l'élection du nouveau pape. Avant même que son nom ne soit dévoilé, ce mercredi soir, il avait manifesté le souhait que le nouveau chef de l'Eglise catholique "poursuive le dialogue avec les autres religions. Dans ce monde en changement rapide, il est important que les leaders spirituels œuvrent avec conviction et dans le dialogue", avait-il noté.

Kris Peeters a aussi formulé le vœu que le nouveau pape "puisse trouver le juste équilibre entre authenticité et les défis sociétaux d'aujourd'hui", auxquels il espère que le nouveau Saint père pourra livrer une "contribution utile".

Dans une brève réaction, et au nom du gouvernement belge, le Premier ministre Elio Di Rupo (PS, photo) a adressé ses félicitations au cardinal Jorge Mario Bergoglio (qui est comme lui un fils d’immigré italien), estimant que celui-ci aura notamment la tâche "de répondre aux espoirs et attentes des catholiques dans le monde, dans une société en pleine mutation".

Quant aux dirigeants de l'Union européenne, ils ont été prompts à réagir, mais en faisant entendre leur singularité. On relèvera ainsi la réaction commune des présidents de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et du Conseil européen, Herman Van Rompuy, - tous deux membres du Parti populaire européen, qui regroupe la démocratie-chrétienne européenne -, qui ont souhaité à François Ier "un pontificat long et béni qui lui permette de défendre et promouvoir les valeurs fondamentales de paix, de solidarité et de dignité humaine".

Dans un communiqué distinct, le socialiste allemand Martin Schulz, président du Parlement européen, appelait le nouveau pape à donner "un nouvel élan" à l'Eglise catholique "pour raviver les valeurs fondamentales qui sont à la base de la chrétienté, telles que la solidarité, la paix entre nations et peuples, la tolérance et le soutien aux plus faibles et plus pauvres".