Les déclarations de Bourgeois provoquent un séisme

Les réactions n’ont pas tardé après la publication ce samedi d’un article du quotidien De Standaard dans lequel le ministre flamand des Affaires intérieures Geert Bourgeois déclare qu’en cas de large victoire de la NV-A aux élections de 2014, son parti imposera l’autonomie totale de la Flandre. Sans grande surprise, les partis francophones ont exprimé leur indignation. Mais les partis flamands se sont eux-aussi montré étonnés par les déclarations de l’ancien président de la N-VA.

La N-VA a montré son vrai visage, ont indiqué plusieurs vice-premiers ministres après les déclarations du ministre flamand Geert Bourgeois (N-VA) dans la presse.

"La N-VA se dévisage enfin! Geert Bourgeois dit clairement: nous voulons l'indépendance. Les masques tombent", a souligné la vice-première PS, Laurette Onkelinx (photo), interrogée en marge des travaux budgétaires.

Le parti d’Elio Di Rupo a également réagi sur Twitter, soulignant qu’"après l'opération de charme au cercle de Lorraine, le vrai visage de la N-VA dévoilé par Bourgeois"

Le 6 mars, M. De Wever s'était exprimé devant un parterre d'hommes d'affaires lors d'un déjeuner-débat. Interrogé peu avant dans la presse, il avait évoqué sa vision du confédéralisme qui fera évoluer l'Etat fédéral vers une coquille vide.

La nouvelle présidente de la Fédération bruxelloise du PS, Laurette Onkelinx, a en outre insisté sur le statut de Bruxelles comme région à part entière. "Personne, je dis bien personne, ne touchera au statut de Bruxelles, région à part entière, région à égalité avec la Flandre et la Wallonie. C'est d'ailleurs ce que consacre la 6ème réforme de l'Etat, tout en assurant enfin à la Région bruxelloise le refinancement dont elle avait tant besoin et en faveur duquel les socialistes se sont battus", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

"Après le Carnaval, les masques tombent"

"Après le Carnaval, les masques tombent", a renchéri Alexander De Croo (Open Vld), étonné par une telle déclaration: "Ce serait comme si l'on disait, dans un couple, on ne va pas se séparer mais on n'habitera plus ensemble".

La ministre Sabine Laruelle (MR) a appelé les nationalistes flamands à se montrer moins présomptueux. "Je sais que certains aiment partir gagnants avant même que les élections aient eu lieu. On va quand même attendre les résultats. Le citoyen belge doit d'abord se prononcer".

Aux yeux du président des libéraux francophones, Charles Michel (photo), le discours de Geert Bourgeois ne constitue pas une surprise car le projet de la N-VA est séparatiste. Mais il a le mérite de la clarté après les propos ambigus du président de la N-VA, Bart De Wever. "Les francophones ne lâcheront pas Bruxelles", a-t-il encore affirmé.

"Il faudra passer sur le corps des francophones"

Pour que le scénario envisagé par le ministre flamand Geert Bourgeois puisse se réaliser, "il faudra passer sur le corps des francophones et sans doute aussi des néerlandophones de Bruxelles", a affirmé le chef du groupe cdH au parlement bruxellois, Benoît Cerexhe (photo).

"La Région bruxelloise existe depuis 25 ans. C'est une Région à part entière. Son statut et son financement ont été renforcés dans le cadre de la réforme de l'Etat. Le rêve de sa co-gestion par la Flandre et la Wallonie, c'est terminé. Le passage au forceps vers l'autonomie qu'envisage Geert Bourgeois, ce sera sans Bruxelles", a-t-il encore réagi Benoît Cerexhe. De son côté, la vice-première cdH, Joëlle Milquet, n’a pas désirer s’attarder sur le sujet. "Ce genre d'interview ne m'intéresse absolument pas", a-t-elle lâché, avant de rappeler son opposition à toute forme de scission de la Belgique.

Enfin, le chef de file bruxellois d'Ecolo pour les matières institutionnelles, Christos Doulkeridis espère que "les habitants du nord du pays sauront à quoi ils s'engagent en 2014 et que le MR mettra un terme à l'ambiguïté de son attitude vis-à-vis de la N-VA".