"L’autonomie flamande coûterait cher aux Belges"

Des compétences élargies pour une région comme la Flandre renforceraient son économie mais l'indépendance coûterait cher à ses habitants et à tous les Belges, a estimé lundi son ministre-président Kris Peeters en visite au Québec, région du Canada aspirant à l'indépendance.

"Des régions fortes doivent entretenir des relations fortes", a dit M. Peeters, lors d'une conférence organisée par le Conseil des relations internationales de Montréal devant un parterre de chefs d'entreprise et d'universitaires.

Interrogé par l'AFP à l'issue de cette réunion sur l'impact économique potentiel des aspirations indépendantistes flamandes et québécoises, il s'est limité à évoquer son pays, précisant qu'il devait rencontrer la chef du gouvernement du Québec, Pauline Marois, seulement lundi soir pour signer avec elle une déclaration conjointe.

"Je ne suis pas pour l'indépendance de la Flandre parce que je suis convaincu que la Flandre a besoin d'une compétence plus large, dans différents domaines dont les impôts etc., mais je suis aussi convaincu que, pour une Flandre forte, la Belgique représente une valeur ajoutée", a souligné M. Peeters, dont le parti chrétien-démocrate affrontera les séparatistes de la N-VA lors des législatives en mai 2014.

"On doit travailler pour lui offrir plus de compétences, mais la Flandre reste dans le cadre belge."
Avec des pouvoirs élargis, "il sera plus facile pour la Flandre d'avoir une politique cohérente et efficace, et cela améliorera sa situation économique", a-t-il poursuivi.

"L'indépendance totale de la Flandre n'est pas pour moi une option, parce que cela représenterait un coût pour nous et pour tous les habitants de la Belgique", a-t-il encore insisté.

Accord de coopération entre les ports d'Anvers et de Montréal

Durant la mission de quatre jours du ministre-président flamand Kris Peeters au Québec, un accord a été signé en vue d’une collaboration entre les ports d’Anvers et de Montréal en matière de marketing et de développement commercial.

"La déclaration d'intention qui a été signée marque un renforcement significatif de la coopération entre les deux ports qui comptent parmi les plus importants au monde", a déclaré Kris Peeters. "Anvers est, depuis des siècles, un port logistique à destination et en provenance de l'Europe. Le port de Montréal est le "dernier port d'escale" en direction de l'ouest et le "premier port d'escale" en direction inverse. "Le fait que le Canada et la Flandre soient des partenaires commerciaux de longue date est aussi largement dû aux ports", a-t-il encore estimé.

Le port de Montréal est un port maritime situé sur le fleuve Saint-Laurent. Il s'agit du plus grand port de l'est du Canada et d'un des plus grands ports d'Amérique du Nord. Il représente quelque 5.400 emplois directs et 12.880 emplois indirects. L'an dernier, 28 millions de tonnes de marchandises y ont été prises en charge.