1 Bruxellois sur 10 ne parle ni le français ni le néerlandais ni l’anglais

Environ 100.000 Bruxellois ne parlent ni le français, ni le néerlandais, ni l’anglais. C’est ce que révèle un baromètre linguistique de l’Université flamande de Bruxelles (VUB) dont les résultats ont été publiés dans le journal hebdomadaire Brussel Deze Week.

Le français, le néerlandais et l’anglais sont tous trois en recul dans la capitale. Plus de 88% des Bruxellois estiment bien ou très bien parler le français, contre 95,5% il y a six ans. Ils sont 23% à considérer avoir une bonne ou très bonne connaissance du néerlandais, contre 28% il y a cinq ans, et 33% en 2000.

En 2006, plus de 60% des Bruxellois parlaient uniquement le français à la maison. En 2012, ils n’étaient plus que 38%. L’usage exclusif du néerlandais ne baisse que légèrement. A peine 5,2% des familles bruxelloises parlent uniquement néerlandais au sein de leur foyer, contre 6,4% il y a douze ans.

Au total, l’emploi du néerlandais concerne une famille sur cinq à Bruxelles. Le niveau du néerlandais est toutefois en baisse, surtout chez les jeunes qui sortent de l’enseignement francophone. Selon le professeur de la VUB, Rudi Janssens, ces jeunes parlent de moins en moins le néerlandais et l'anglais, ce qui a tendance à augmenter le taux de chômage au sein de ce groupe. Le groupe qui acquiert le néerlandais au sein de l’enseignement flamand grandit pour sa part à vue d’œil.

Le baromètre révèle en outre une forte augmentation du nombre de familles bilingues à Bruxelles. En 2006, à peine 7% des familles parlaient français et néerlandais. En 2012, elles sont près de 17%. Selon le ministre flamand de l’Enseignement, Pascal Smet (SP.A) qui réagissait sur le site de brusselnieuws, c’est une conséquence du succès de l’enseignement néerlandophone à Bruxelles.

"Le baromètre démontre une fois de plus à quel point Bruxelles connaît une diversité des langues", souligne le ministre flamand, qui ajoute toutefois que cette situation n’est pas unique. "On remarque le même genre d’évolution dans d’autres grandes villes, comme à Anvers par exemple".

Notons enfin que l’usage de l’arabe est en hausse dans la capitale. Il y a six ans, 6,6% des Bruxellois parlaient bien à très bien la langue. Aujourd’hui, ils sont 18%. La moitié d’entre eux sont nés à l’étranger. Il ressort toutefois que les Bruxellois nés en Belgique parlent plus souvent qu’avant l’arabe à la maison, sans que cela soit pour autant la seule langue qui y est utilisée.