"Même si vous ne me croyez pas, je regrette vraiment"

Kim De Gelder a été condamné ce vendredi soir à la réclusion à perpétuité pour 4 assassinats et 25 tentatives de meurtre, il y a un peu plus de 4 ans. Le jury - qui dans l’après-midi l’avait déjà reconnu coupable et responsable de ses actes au moment des faits - a retenu la manière lâche dont le jeune homme a tué ses victimes et son manque d’empathie. L’accusé a présenté ses excuses aux victimes et à la société. Les familles des victimes se sont réjouies du verdict.
Nicolas Maeterlinck

Au terme de quatre heures de délibération, le jury de la Cour d’assises de Flandre orientale avait jugé, ce vendredi après-midi, Kim De Gelder coupable d'avoir assassiné deux bébés et une puéricultrice à la crèche Fabeltjesland de Termonde le 23 janvier 2009, ainsi qu’Elza Van Raemdonck une semaine plus tôt. Kim De Gelder était donc aussi reconnu responsable de ses actes à l'époque. Le jury le déclarait également coupable de tentatives d'assassinat sur les autres personnes présentes à la crèche et sur une famille de Vrasene deux jours avant l'assassinat de Elza Van Raemdonck.

Le jury a suivi l’avis des experts-psychiatres, venus témoigner vendredi dernier du double profil de tueur de masse et tueur en série de Kim De Gelder. Ils estiment que « l’accusé représente un danger extrême pour la société », mais aussi qu’il n’y a « pas d’évidence de schizophrénie ».

Autorisé à s’exprimer une dernière fois, l’accusé a présenté ses excuses aux victimes présentes dans la salle et à la société. « Même si vous ne me croyez pas, je regrette vraiment », a-t-il déclaré.

Les juges et jurés se sont ensuite retirés pour déterminer la peine de Kim De Gelder. Vers 19h15, c’était chose faite. Comme l’avait requis l’avocat général Yves van Den Berge, l’accusé écope de la peine la plus sévère, à la hauteur de la souffrance infligée aux victimes, à savoir la réclusion à perpétuité.

L’avocat de Kim De Gelder, Jaak Haentjens (photo) a déconseillé à son client de se pourvoir en Cassation contre l’arrêt de la Cour d’assises de Gand. « J’ai 15 jours pour réfléchir, mais c’est une option théorique. Je n’en prendrai pas l’initiative et je pense que ses parents sont d’accord. Si on voit certains éléments pout éventuellement aller an Cassation, il faut les soulever pendant le procès », a précisé Haentjens. L’avocat reste cependant convaincu que son client devait être interné.

Des larmes de joie

Les familles des victimes et les avocats des parties civiles ont pleuré de bonheur au prononcé du verdict, ce vendredi. « Le bon sens a triomphé », a déclaré Jef Vermassen (photo), l’avocat des proches de plusieurs victimes décédées. « Ce procès a fonctionné comme un rituel de purification », a quant à lui estimé Filip Van Hende, l’avocat de la famille de la puéricultrice décédée.

Les commentaires des familles allaient de « Justice est faite » et « Meurtrier, plus jamais libre ! » à « Les excuses de l’accusé ne signifient rien pour nous ». Les proches des victimes sont aussi heureux que le procès soit terminé et espèrent pouvoir trouver maintenant « un peu de repos ».