Des détectives pour espionner le personnel

Si l’on en croit un rapport de la commission de l’Intérieur de la Chambre, un nombre croissant d’entreprises en Belgique auraient recours à des détectives privés pour espionner leur personnel. L’information est rapportée par le quotidien financier De Tijd. Les syndicats sont indignés par ces pratiques, mais elles seraient pourtant légales, à l’heure actuelle.

Le syndicat chrétien témoigne même de l’existence d’un réseau d’une cinquantaine de détectives qui aiderait les entreprises à trouver du matériel compromettant. Ceci permettrait à certains employeurs de se débarrasser à bon prix d’employés - notamment de délégués syndicaux - qui sont gênants en ces temps de crise.

« Ce sont des pratiques inouïes, mais la législation actuelle les permet », réagissait Jan Cappelle, le chef du service de contrôle du ministère de l’Intérieur, notamment au micro de la première chaîne radio de la VRT. « Ceci rend les choses vraiment préoccupantes. C’est pourquoi je plaide en faveur d’un accord de travail national entre employeurs et travailleurs, afin de régler la question. On pourra alors enfin voir clair dans ce qui est permis et ce qui ne l’est pas ».

Selon Jan Cappelle, le recours aux détectives privés est devenu très courant. « Certaines grosses sociétés, comme Coca-Cola, Carrefour ou Inno, ont leurs propres détectives. Mais cela ne représente qu’une quarantaine de détectives sur les 872 détectives privés reconnus dans notre pays. La plupart des entreprises font appel à des détectives privés ».

La ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet (CDH), veut se pencher après les vacances de Pâques sur une nouvelle législation relative aux détectives. La loi actuelle date en effet des années 1990 et est totalement dépassée.