Evasion fiscale: des diamantaires anversois dans le viseur

"Des diamantaires anversois seront parmi les premiers inquiétés dans le cadre des fuites des sociétés offshore", a expliqué, jeudi matin, Alain Lallemand, journaliste du Soir, lors d'une interview vidéo diffusée sur le site internet du quotidien. Il souligne également avoir déjà récolté le témoignage de certains fraudeurs belges.

Les données concernant les sociétés offshore ont été transmises via un disque dur déposé dans la boîte aux lettres d'un journaliste. "Ce dernier fait partie d'un consortium de journalistes internationaux qui réalise des enquêtes collectives", précise Alain Lallemand.

Le journaliste du Soir souligne qu'il a spécifiquement enquêté sur les fuites belges et qu'il a récolté des témoignages de certains Belges avouant la fraude.

"Je pense que les diamantaires anversois vont être parmi les premiers inquiétés par ces fuites", révèle Alain Lallemand. Le journaliste d'investigation rappelle également que les diamantaires sont opposés, dans un bras de fer, au parquet d'Anvers. "Ces fuites ne vont-elles pas peser dans la grande négociation avec ce parquet", s'interroge Alain Lallemand.

Les diamantaires concernés ont créé des sociétés offshore avec leur passeport indien et se sont ainsi ouvert des paradis fiscaux en Asie, pour un commerce essentiellement international et indien, indique le quotdien. Il y aurait dans la liste du Soir de grands noms de diamantaires indiens d'Anvers. Selon le journaliste, ces pratiques leur permettent d'éviter de faire rentrer en Belgique des revenus gagnés à l'étranger, ou encore faire fuir des revenus jamais déclarés dans notre pays. 

Les données informatiques, auxquelles 86 journalistes du monde entier ont eu accès, ont été compilées sous forme de 400.000 lignes de code informatique, dont plusieurs centaines visent spécifiquement des Belges. L'ensemble des données représentent un volume 160 fois plus élevé que celui des fuites de Wikileaks en 2010 des câbles diplomatiques américains.

Le Soir a dévoilé les résultats de l’enquête belge dans son édition numérique de 17h. Certains noms ont déjà été révélés par d’autres médias dont le Guardian, engendrant des répercussions économiques et politiques non négligeables dans plusieurs pays.