Vers la fin de l’anonymat des fraudeurs ?

Le secrétaire d'Etat à la lutte contre la fraude, John Crombez (sp.a), a constaté jeudi avec satisfaction la réduction continue des échappatoires pour les fraudeurs fiscaux à travers le monde. Il réagissait ainsi à la publication de données informatiques issues de dizaines de milliers de sociétés offshore dans lesquelles figurent aussi les noms de citoyens belges.

"Les possibilités de fuir dans l'anonymat disparaissent à grande vitesse", a commenté John Crombez, dans une première réaction à l’enquête réalisée par un consortium de journalistes d'investigation, sur des données informatiques issues de dizaines de milliers de sociétés offshore des îles vierges britanniques, des îles Cook et d'autres hauts lieux de l'évasion fiscale.

Pour le secrétaire d’Etat à la lutte contre la fraude, cette nouvelle démontre que l’anonymat et le secret bancaire sont en voie de disparition. "Les données sont de plus en plus connues, et les moyens d’y échapper s’appauvrissent ", se réjouit-il.

Que ce soient des journalistes qui sortent de telles informations ne constitue pas un désaveu des pouvoirs publics, estime John Crombez. "C'est précisément l'expression de l'action menée aussi au plan politique", où le gouvernement fédéral a accru ces derniers mois la lutte contre la fraude, argue-t-il.

"Beaucoup de choses bougent aussi à l'échelon international". Mais à ses yeux, tout le monde ne l'a pas encore bien compris, ajoute-t-il par allusion aux avocats et fiscalistes prévoyant que la dernière opération de régularisation fiscale ne doit rien faire craindre aux petits fraudeurs. Ces spécialistes "s'accrochent probablement à des digues déjà en grande partie submergées".