Offshore Leaks: 110 sociétés belges impliquées

Au moins 110 sociétés belges auraient des connexions avec les Îles Vierges britanniques ou les Îles Caïmans. On retrouverait parmi elles KBC, Solvay, GDF Suez et même l'État belge. C’est ce que rapportent les quotidien L’Echo et De Tijd. Le secrétaire d’Etat à la Lutte contre la fraude John Crombez (SP.A) compte déterminer le rôle joué par les banques belges dans ces firmes offshore.
AP2009

La base de données d’entreprises Graydon a effectué, à la demande du quotidien De Tijd, deux listes reprenant le nom de toutes les entreprises belges ayant des connexions avec ces deux paradis fiscaux, que ce soit sous la forme d’un intérêt ou d’un actionnaire dans une de ces sociétés.

Sur ces listes figurent notamment la KBC, BNP Paribas Fortis, Solvay, GDF Suez via son véhicule international Power et même la Société belge d'investissement pour les pays en développement qui est en grande partie détenue par l'Etat belge. De plus petites entreprises seraient aussi présentes.

Selon l’Inspection spéciale des impôts (ISI), il est impossible de découvrir qui se cache derrière ces firmes. "Nous ne pourrons jamais le savoir, même si des enquêteurs de la police se rendent sur place. Il est idéal d’investir, à partir de ces endroits, dans notre pays, de façon totalement anonyme, dans l’immobilier par exemple", peut-on lire dans De Tijd.

L'avocat fiscaliste Thierry Afschrift avertit toutefois qu'il ne faut pas tirer de conclusions hâtives. "Ce n'est pas forcément suspect s'il y a des Belges là-bas. Il peut y avoir des raisons légales pour rester anonyme. Tant que vous payez correctement vos impôts. Ces îles sont parfois une base de départ intéressante pour investir en Asie par exemple".

Une enquête sur le rôle des banques

Le secrétaire d'Etat à la Lutte contre la fraude sociale et fiscale, John Crombez (SP.A), a demandé de vérifier si des banques belges ont également collaboré avec des firmes offshore, rapporte samedi Het Nieuwsblad.

Selon des fuites de données de 140.000 comptes bancaires suspects localisés dans des paradis fiscaux, il ressort que de grandes banques comme la Deutsche Bank, UBS, mais également BNP Paribas ont collaboré avec des firmes offshore. John Crombez enquête actuellement sur le fait que des banques belges, et principalement celles qui bénéficient d'un soutien de l'Etat, aient joué un rôle dans l'énorme évasion fiscale. "Jusqu'à présent, il n'y a aucune indication en ce sens, mais nous vérifions tout de même."

Het Nieuwsblad et De Standaard font également remarquer que les comptables et avocats socialistes veulent attaquer ceux qui ont contribué à organiser l'évasion fiscale. Le PS et le SP.A ont introduit une proposition de loi il y a dix jours.