Un Flamand part chercher son fils en Syrie

Dimitri Bontinck, le père de Jejoen, ce jeune homme originaire d’Anvers parti combattre sur le front syrien, a décidé d’aller lui-même à la recherche de son fils. Il y a trois semaines, le jeune garçon converti à l’Islam était parvenu à joindre son père par téléphone. Il lui avait indiqué qu’il ne pouvait plus quitter la Syrie, ayant été privé de ses papiers d’identité. Dimitri Bontinck a choisi de se rendre sur place pour chercher son fils dont il n’a plus de nouvelles.

Jejoen Bontinck a quitté la Belgique en février dernier pour rejoindre un camp d’entraînement en Syrie. Le jeune homme est récemment parvenu à joindre son père par téléphone. Il lui aurait exprimé son désir de quitter le pays, lui indiquant qu’il ne pouvait toutefois le faire. Des personnes lui auraient en effet pris tout ce qu’il possédait.

Le jeune homme, originaire d’Anvers, s’était converti à l’Islam en Belgique. Il s’était par la suite tourné vers des groupes plus radicaux, et avait fini par rejoindre Sharia4Belgium. Il avait par la suite décidé de partir combattre aux côtés des rebelles syriens.

Il y a quelques temps, le père de Jejoen avait déjà indiqué vouloir se rendre en Syrie pour y chercher son fils, dont il a perdu toute traçe (voir la vidéo). Il avait exprimé son profond désarroi face à cette situation. Aujourd’hui, Dimitri Bontinck se trouve en Turquie, à la frontière syrienne. Il est accompagné par la journaliste du quotidien De Standaard, Joanie de Rijke et un photographe de presse mexicain. Tous deux se sont déjà rendus à plusieurs reprises en Syrie.

"Les autorités belges m’ont laissé tomber"

Ce samedi, une journaliste de la VRT est entrée en contact avec Dimitri Bontinck via Skype (photo). Il lui a indiqué qu’il était sur le point de pénétrer en territoire syrien. Pour des raisons de sécurité, il a refusé d'expliquer où il comptait chercher son fils. "J’espère pouvoir bientôt le serrer dans mes bras. C’est la raison pour laquelle je suis ici", a-t-il expliqué, ajoutant qu’il était prêt à prendre le risque de se faire lui-même enlever ou de mettre sa vie en péril.

Dimitri Bontinck espère que son fils a pu apprendre son arrivée en Syrie via les médias. Durant la conversation, il a dénoncé l’absence d’une aide des autorités. "L’opération se déroule grâce aux médias, et je suis très reconnaissant envers Joanie de Rijke qui a tout pris en charge", a-t-il précisé. "C’est en fait l’Etat et non les médias qui doivent se charger de ce genre d’opération. J’émets donc de sérieux doutes quant à la position de la Belgique face à cette situation, car il s’agit d’un compatriote, de jeunes qui sont victimes de ces réseaux. Je n’ai eu aucun contact avec les autorités belges, et je trouve cela scandaleux".

"Il relève du devoir des autorités de soutenir leurs citoyens. C’est incroyable qu’un père doive lui-même aller en territoire de guerre pour retrouver son fils", a-t-il ajouté, non sans colère. Dimitri Bontinck reste réaliste et estime que les chances de retrouver son fils sont faibles. Il garde toutefois espoir.