"Mieux gérer l’islamisme radical au niveau local"

Ces dernières semaines ont été rythmées par les informations relatant les histoires de jeunes Belges partis combattre le régime de Bachar el-Assad en Syrie. Lors de l’émission "De zevende dag" (VRT), Bart Somers (Open VLD) a sommé la ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet (CDH) de mettre en place un centre d’expertise offrant des conseils aux bourgmestres désireux de s’attaquer aux problèmes du radicalisme qui touche certains jeunes.

A l’heure actuelle, on ne sait pas précisément combien de Belges se trouvent sur le front syrien. Leur nombre est estimé à 70, voire 80. "Il n’existe pas de statistiques. Ces jeunes partent en solitaire", a indiqué Rik Coolsaet, professeur en relations internationales à l’Université de Gand. Les raisons de leur départ demeurent également floues. "Il faut être clair, cela n’a rien à voir avec la religion", a expliqué Rik Coolsaet. "C’est lié à une attitude qui est en fait très morale : celle de vouloir lutter contre une injustice. Cela devient problématique au moment où l’extrémisme prend le dessus", a-t-il ajouté.

"Qu’il y en ait 70, 80, ou 100, là n’est pas le problème", a déclaré Bart Somers sur le plateau de la VRT. Le bourgmestre de Malines plaide pour une meilleure gestion du problème au niveau local. "La transmission des informations des services de renseignement aux bourgmestres ne se déroule pas encore comme il faut", a-t-il dénoncé.

Les bourgmestres d’Anvers et de Malines ont récemment déclaré qu’ils désiraient connaître précisément les noms des personnes originaires de leur commune qui se rendent en Syrie. Il y a dix jours, la ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet a mis sur pied un groupe de travail baptisé "Task Force Syrie" pour traiter la question des jeunes Belges partis sur le front syrien. Ce groupe a notamment pour objectif de renforcer la lutte contre le radicalisme.

La démarche est toutefois jugée insuffisante pour le bourgmestre de Malines, qui estime ne pas détenir suffisamment d’instruments pour gérer la situation de façon préventive. "Au moment où je reçois des informations, en tant que bourgmestre, il faut que je puisse savoir ce qu’il est possible d’en faire. Pour cela, je dois être soutenu. La ministre de l’Intérieur doit dans ce cadre mettre en place un centre d’expertise pour aider les bourgmestres qui sont confrontés à un radicalisme dangereux", a-t-il souligné.

Pour Bart Somers, les autorités locales ont une importante responsabilité. "Elles détiennent un réseau, et peuvent faire appel à l’enseignement, aux employés de quartier ou à la police". L’un des objectifs du bourgmestre de Malines serait de persuader ces jeunes qu’ils font une erreur en choisissant de partir au combat.