Paradis fiscaux: "l’Etat perd 9 milliards par an"

L'argent placé sur des comptes bancaires suspects localisés dans des paradis fiscaux représente un manque à gagner de 9 milliards d'euros par an pour l'Etat, a indiqué dimanche le co-président d'Ecolo Olivier Deleuze sur le plateau de Controverse (RTL-TVI). Invité par la chaîne VTM, le secrétaire d'Etat à la Lutte contre la fraude John Crombez (SP.A) s’est dit favorable à un retrait de la licence des banques qui participent à la fraude fiscale.

Le secrétaire d'Etat à la Lutte contre la fraude John Crombez a qualifié de "choquantes" les révélations du consortium de journalistes d'investigation sur des données informatiques issues de dizaines de milliers de sociétés offshore de plusieurs îles. "Cela fait mal à tout le monde dans la société et déstabilise le système", a ajouté le secrétaire d'Etat.

"Si l'Etat percevait ces 9 milliards d'euros, on pourrait faire baisser les impôts, organiser des plans de relance, rétablir les aides fiscales pour la consommation d'énergie, aider les jeunes dans leur recherche d'emploi", a estimé Olivier Deleuze (photo) sur le plateau de Controverse.

Le co-président d'Ecolo s'est posé la question du rôle de l'Etat belge, actionnaire de BNP Paribas, accusé d'avoir aidé à monter des sociétés offshore dans des paradis fiscaux, pour empêcher les administrateurs de jouer un rôle à cet égard.

John Crombez a souligné que des changements sont intervenus dans les lois pour mieux lutter contre la fraude et que tant que des banquiers ne seront pas éthiques et moraux, il faudra continuer à prendre des mesures. Le secrétaire d'Etat a rappelé que chaque élément valable issu de ces révélations fera l'objet d'une enquête.

"Retrait de licence pour les banques véreuses"

Invité dans les studios de la chaîne VTM, John Crombez (photo) s’est dit favorable à un retrait de la licence des banques qui participent à la fraude fiscale. Une approche plus sévère des conseillers fiscaux et des comptables qui aident à frauder consciemment est nécessaire, selon le secrétaire d'Etat.

Après les "offshore leaks", le PS et le sp.a ont fait savoir qu'ils souhaitaient sanctionner plus sévèrement les conseillers qui contribuent à organiser des constructions frauduleuses. L'Unizo et la fédération des professions libérales estiment la proposition "superflue". Les avocats doivent signaler les fraudes et peuvent déjà être condamnés, ont-elles souligné. Ces dernières ont tort, d'après John Crombez. Six cas ont été signalés en tout et pour tout en trois ans, précise le secrétaire d'Etat. Ils "ont l'obligation de les signaler mais ne le font visiblement pas".

John Crombez est favorable à un retrait de la licence des banques véreuses. "Je pense que c'est une bonne idée si les personnes sont si têtues et que certaines banques - qui ont mis en danger l'économie mondiale - continuent malgré tout à mettre en place ces constructions", a-t-il déclaré.