"Déjà au moins 12 Belges tués en Syrie"

C’est ce qu’indique le journaliste Chris De Stoop (photo principale) l’hebdomadaire belge Knack, paru ce mercredi. Il cite un imam qui prépare un doctorat sur les mouvements islamistes en Belgique et a rencontré des familles marocaines concernées, à Malines, Vilvorde et Bruxelles. Le ministère belge des Affaires Etrangères déconseille toujours de voyager en Syrie.

Selon l'imam qui s’est confié au journaliste Chris De Stoop de l’hebdomadaire Knack mais qui souhaite garder l’anonymat, la plupart des combattants belges en Syrie proviennent de Flandre: "Je sais qu'il y en a au moins cent qui sont partis de Belgique, et probablement quelques centaines. Surtout du Limbourg, d'Anvers, de Malines et de Vilvorde. Les plus jeunes que je connaisse sont âgés de 15 et 16 ans. Des enfants-soldats, donc. Je crains que le mouvement prenne encore de l'ampleur, car il y en a qui partent chaque jour. Ce que je trouve très grave, c'est que plusieurs Belges se sont mis volontairement sur la liste des candidats au suicide", a déclaré à l’hebdomadaire l’imam qui prépare un doctorat sur les mouvements islamistes en Belgique.

La plupart du temps, les Belges partis pour la Syrie tombent dans des groupes de combattants djihadistes, surtout dans la brigade d'Abdel Rahman Ayachi, le fils du prédicateur de haine Bassam Ayachi, établi dans la commune bruxelloise de Molenbeek. Selon l’imam anonyme, l’une des victimes serait un garçon de 17 ou 18 ans, originaire de Vilvorde, qui est parti avec des amis sans avoir suivi de formation. Après deux semaines à peine, il a été abattu par un sniper.

"Des mineurs d'âge sont en effet impliqués. Le gouvernement a pris des dispositions pour empêcher cela. C'est assurément le dossier le plus difficile qu'on ait jamais eu à traiter", confie de son côté André Vandoren de l'Organe de Coordination pour l'Analyse de la Menace (Ocam) à l’hebdomadaire Knack.

AP2012

"Choqués par les horreurs qu’ils voient à la TV"

Selon le journaliste Chris De Stoop, interrogé par la VRT, la plupart des jeunes Belges qui se rendent en Syrie le font de leur propre initiative, « avec quelques amis. Ils possèdent une personne de contact en Syrie, qui doit les aider ».

Il semblerait d’autre part que ce ne sont pas les motifs religieux qui incitent surtout au départ. « La grande majorité part parce qu’ils sont choqués par les images d’atrocités qu’ils voient chaque jour sur YouTube ou à la télévision ». D’autres raisons de départ pour la Syrie seraient des liens d’amitié, un sentiment de solidarité ou un désir d’aventure, précise Chris De Stoop.

Les Affaires Etrangères mettent en garde

Le ministère belge des Affaires Etrangères réitère sa mise en garde contre les dangers d’un voyage en Syrie, notamment à l’occasion du voyage de Dimitri Bontinck, qui est parti en Syrie pour y chercher son fils Jejoen. Le ministère affirme comprendre les motifs du père, mais souligne les dangers d’une telle initiative.

Pour aider les Belges en Syrie, notre pays ne possède pas d’un réseau consulaire professionnel, ni d’un réseau de consuls honoraires. Les Affaires Etrangères dispose cependant encore d’une petite marge de manœuvre à la frontière avec la Syrie, mais il faut faire une demande d’aide au ministère pour y bénéficier de son assistance. « Nous ne pouvons pas intervenir sans une demande ou une information provenant des personnes concernées ou de leurs proches », précise le porte-parole des Affaires Etrangères.