Les écoles et les mosquées appelées à lutter contre le djihadisme

Les bourgmestres d'Anvers, Bart De Wever (N-VA), de Malines, Bart Somers (Open VLD), et de Vilvorde, Hans Bonte (SP.A), se sont réunis jeudi soir, durant environ trois heures, à la maison communale anversoise pour discuter de la problématique des jeunes Belges radicalisés qui partent combattre en Syrie. Après la réunion, les trois élus n'ont pas annoncé de mesures concrètes. Ils appellent toutefois à une collaboration des écoles et des mosquées.

Bart De Wever, Bart Somers et Hans Bonte se sont réunis en présence de plusieurs chefs de police et d’experts belges et néerlandais. Si aucunes mesures concrètes n’ont été annoncées, les trois bourgmestres ont indiqué être d’accord sur la volonté d’inclure l’enseignement, les mosquées, les mouvements de jeunesse et les associations de quartier dans la lutte contre l’influence des idées radicales sur certains jeunes musulmans du pays.

Le bourgmestre d’Anvers a demandé d’éviter tout simplisme autour de la question. "Les causes de la radicalisation de ces jeunes ne reposent certainement pas toutes sur la discrimination ou la pauvreté et il ne s'agit pas toujours de jeunes sots", a indiqué Bart De Wever. L’idée n’est pas entièrement partagée par le bourgmestre de Vilvorde, Hans Bonte, qui estime que la situation des classes sociales défavorisées, la précarité et le manque de travail nourrissent l’extrémisme.

L’initiative des trois bourgmestres est soutenue par la ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet (CDH). Le bourgmestre de Maaseik, Jan Creemers (CD&V) a également exprimé son souhait de participer aux discussions. Sa volonté a été motivée par l’information selon laquelle deux jeunes gens originaires de cette commune du Limbourg sont actuellement en Syrie pour combattre les forces du régime.

"Utilité des sanctions administratives communales"

Invité à l’émission matinale "De ochtend" sur Radio 1 (VRT), Bart De Wever (photo) a souligné l’intérêt des sanctions administratives communales (SAC) dans la prévention contre la radicalisation des jeunes.

"Nous devons entrer en dialogue avec ces jeunes et les sortir de cette manière de leur isolement mental", a-t-il déclaré. Selon lui, les amendes administratives peuvent dans ce cadre jouer un rôle. "Elles ont pour objectif d’intervenir à temps".

"Le monitoring de l’internet est par exemple une partie importante de la politique de prévention. Quand des jeunes prêchent la haine sur le net, leur infliger une amende administrative serait une manière d’impliquer la famille".

"Nous ne dénoncerons pas les jeunes"

Mieke Van Hecke (photo), la directrice-générale du VSKO, l’enseignement catholique flamand, estime qu’il ne revient pas aux écoles de signaler les jeunes musulmans radicaux auprès de la police. Elle réagit ainsi à la demande des trois bourgmestres.

"Si je dois comprendre qu’ils nous demandent de signaler certains jeunes parce que nous les suspectons d’avoir des contacts avec certains groupuscules, cela entrave la confiance entre les jeunes et l’école, et nous ne le ferons pas", a-t-elle fait savoir.

Selon Mieke Van Hecke, l’enseignement œuvre à la réussite des élèves dans leurs études, et à l’éducation et la responsabilisation de ces jeunes dans la société. "Telle est notre tâche", souligne-t-elle, ajoutant qu’il n’était aucunement question de dénonciation.