"Une vague de cyberattaques menace la Belgique"

Dans une interview accordée au quotidien De Standaard, le Secrétaire d’Etat à la Fonction publique et à la Modernisation des services publics met en garde contre des criminels qui s’attaquent aux sites internet des autorités. Il annonce même un raz-de-marée de cyberattaques. "Nous devons libérer un budget adéquat pour nous protéger", estime Hendrik Bogaert (CD&V).
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En comparaison avec nos voisins du nord, la Belgique a jusqu’ici été relativement épargnée par les attaques de sites internet. Aux Pays-Bas, plusieurs banques ainsi que la compagnie aérienne KLM ont été ces derniers temps les victimes régulières des agissements de hackers. Par le biais d’attaques dites « par déni de service » (DDOS), des systèmes informatisés sont surchargés jusqu’à devenir indisponibles.

Le Secrétaire d’Etat à la Fonction publique, Hendrik Bogaert (CD&V), estime que le gouvernement fédéral doit se protéger d’urgence contre ce type de cyberattaques. « C’est le moment d’investir dans la sécurité de nos réseaux et systèmes. Nous devons nous préparer à une vague de cyberattaques en y consacrant le budget adéquat », indique le responsable de la Modernisation des services publics (photo).

Selon lui, « 20 millions d’euros sont nécessaires pour bien nous protéger aujourd’hui ». En 2012, le service public fédéral Technologie de l’Information et de la Communication (Fedict) a noté 7 attaques sévères sur des sites de l’autorité fédérale. Les cyberpirates noient les sites sous d’énormes quantités d’informations pour qu’ils ne puissent plus fonctionner correctement.

L’un de ces cyberpirates, un jeune homme de 19 ans originaire de Nivelles, comparait d’ailleurs actuellement devant la justice à Bruxelles pour ces faits. Le Premier ministre Elio Di Rupo a proposé l’hiver dernier une « cyber stratégie ». Selon Hendrik Bogaert, c’est le Fedict qui doit y jouer un rôle central.

« A l’heure actuelle, les systèmes sont sécurisés par département. Mais il est nécessaire de le faire de façon coordonnée. Une sécurisation par département est trop faible », conclut le Secrétaire d’Etat Bogaert.