La commune de Boom interdit les symboles religieux

Le conseil communal de Boom (province anversoise) a interdit le port de symboles religieux, dans un amendement de son propre code déontologique. Le bourgmestre Jeroen Baert (N-VA) souligne qu’il ne s’agit pas d’une simple interdiction du voile islamique et qu’il ne vise pas une conseillère de l’opposition qui est voilée. L’interdiction ne peut, en outre, être imposée de façon juridique.

« Il ne s’agit pas d’une interdiction du voile islamique. Il s’agit plutôt d’un article général dans lequel on demande aux membres du conseil communal de ne pas porter de symboles religieux », indiquait le bourgmestre de Boom, Jeroen Baert (N-VA), dans l’émission « De Ochtend » de la première chaîne radio de la VRT.

Au conseil communal de Boom siège actuellement une seule conseillère qui porte un voile islamique, à savoir Nihad Taouil (Boom Eén). Jeroen Baert souligne néanmoins qu’elle n’est « absolument pas visée » par l’interdiction.

Selon le bourgmestre de Boom, l’interdiction des symboles religieux a été introduite pour deux raisons. « D’une part, en raison de la scission entre l’Eglise et l’Etat, et d’autre part parce que nous voulions adapter le code déontologique aux exigences existantes de neutralité imposées au personnel de la commune ».

Les règles déontologiques ne peuvent, en outre, pas être imposées de façon juridique. « Il s’agit d’un principe », précise Baert.

Le bourgmestre souligne aussi que l’exigence de neutralité ne vaut que pour les signes religieux. « Un lion des Flandre n’est pas un symbole religieux. Il s’agit de la scission entre Eglise et Etat. Un principe que nous connaissons déjà depuis la Révolution Française ». Et d’ajouter que Kemal Atatürk, le père de la Turquie moderne, a également introduit la séparation entre l’Eglise et l’Etat.

Le ministre Bourgeois conteste la mesure

Geert Bourgeois (photo), qui fait partie comme le bourgmestre Jeroen Baert de la N-VA, s’oppose à la décision du conseil d’administration de Boom. Il le fait en tant que ministre flamand de l’Intégration, et pas comme ministre de la Politique intérieure. Mais il n’entreprendra pour l’instant pas de démarche contre la modification du code déontologique.

« Un homme ou une femme politique, ce n’est pas la même chose qu’un fonctionnaire qui doit représenter son autorité. Il ou elle a justement été élu(e) pour ses convictions politiques ». Geert Bourgeois estime que l’interdiction aux conseillers communaux de Boom de porter un symbole religieux est une enfreinte à la liberté d’expression.