"L’évasion de Dutroux était au final très banale"

Il y a 15 ans jour pour jour, Marc Dutroux avait réussi à s’échapper du Palais de Justice de Neufchâteau. Il était parvenu à rester quelques heures en liberté. Lors de l’émission "De ochtend" sur Radio 1 (VRT), le ministre de la Justice de l’époque, Stefaan De Clerck (CD&V) est revenu sur cette évasion qu’il juge "au final très banale".

Jeudi 23 avril 1998 vers 15 heures, lors de son transfert au Palais de Justice de Neufchâteau, Marc Dutroux parvient à maîtriser un des policiers, le déleste de son arme et s’échappe. Plus de trois heures plus tard, l’homme est retrouvé, caché dans une forêt.

Cette évasion avait provoqué une vague d’indignation à travers le pays. L’opposition avait exigé et obtenu la démission des ministres de l’Intérieur, Johan Vande Lanotte (SP.A), et de la Justice Stefaan De Clerck (CD&V).

Ce matin sur les ondes de la VRT, ce dernier est revenu sur l’évènement. "Quelle bêtise c’était. Comment ces agents ont-ils pu rendre cela possible ?", a-t-il déclaré. "Au final, c’était une évasion très banale".

"Durant trois heures, tout le monde pensait qu’il s’agissait d’une opération organisée, et que Dutroux commettrait de nouveaux crimes. Ma démission avait été décidée bien avant qu’on ne le retrouve", souligne Stefaan De Clerck (photo).

"Nous avions immédiatement mobilisé tout le monde et fermé toutes les frontières. A Neufchâteau, on arrive vite en France ou au Luxembourg, et je ne voulais prendre aucun risque. Ce n’est que par après qu’il est finalement apparu qu’il ne s’agissait que d’une ridicule et futile promenade en forêt".

Selon le ministre de la Justice de l’époque, une démission de sa part était une réponse appropriée. "L’effet de cette évasion sur la population a été énorme. A ce moment, la Belgique vivait depuis trois ans dans un climat de scandales et de révélations sur la justice. C’était la goutte de trop", a-t-il souligné.

Quinze ans plus tard, Stefaan De Clerck se dit satisfait des réformes de la police et de la justice. S’il admet que certaines améliorations sont encore possibles, il souligne toutefois le progrès effectué depuis lors. "Derrière l’exécution des peines, on retrouve aujourd’hui une toute autre philosophie. Les victimes sont à présent systématiquement impliquées dans l’enquête et le procès".