"Offrir des cours bilingues dans les écoles bruxelloises"

Une quarantaine de membres de l’enseignement néerlandophone à Bruxelles ont pris part mercredi au tout premier Parlement d’enseignants. Cette initiative leur permet de discuter des problèmes qu’ils rencontrent dans leurs écoles. Ils constatent notamment que de nombreux élèves n’ont pas une connaissance suffisante du néerlandais. Certains proposent des cours bilingues comme solution.

Les enseignants d’établissements scolaires néerlandophones qui participaient ce mercredi au premier Parlement d’enseignants dans la capitale ont discuté des divers problèmes qu’ils rencontrent dans leurs écoles. Des représentants de plusieurs partis au Parlement étaient présents à la réunion, pour réagir à leurs commentaires.

Un des problèmes récurrents cités par les enseignants est le retard en néerlandais qu’accusent de nombreux élèves dans les écoles néerlandophones de Bruxelles. « De nombreux enfants ne parlent pas le néerlandais lorsqu’ils arrivent en classe d’accueil », explique Tineke Debuyst, directrice de la nouvelle école primaire « De Kriekelaar » à Schaerbeek.

Une enseignante de français et mathématiques à l’école Zavelenberg confirme : « Beaucoup d’élèves ne parviennent pas à atteindre le niveau requis à la fin de l’enseignement primaire. Nous devons réellement recommencer à zéro avec eux ». Comme solution possible au problème, cette enseignante propose de donner des cours bilingues, en néerlandais et français.

Deux langues ?

Mais cette proposition ne remporte pas l’adhésion d’autres enseignants qui participent au Parlement. « On ne peut pas nous demander d’apprendre parfaitement une deuxième langue pour pouvoir enseigner à Bruxelles », réagissent des enseignants. « De plus, le français n’est souvent pas non plus la langue maternelle de beaucoup d’enfants dans nos écoles. Ils devraient alors apprendre une deuxième langue étrangère. Ce qui rendrait les choses encore plus compliquées pour eux ».

La députée bruxelloise Bianca Debaets (CD&V) partage ce point de vue. Elle se dit néanmoins ouverte à des projets bilingues, sans pour autant les considérer comme un remède au problème de maîtrise du néerlandais. Elle plaide par contre pour que les enseignants effectuent un stage sur la problématique particulière des grandes villes.

Le Parlement des enseignants acquiesce : « Bruxelles est totalement différente d’autres grandes villes. Il faut réellement être passionné par cette ville pour vouloir y enseigner ».

Des classes plus petites

Les enseignants participants ont également estimé qu’il fallait instaurer des classes avec moins d’élèves et augmenter le nombre d’enseignants dans les écoles néerlandophones de Bruxelles, afin de pouvoir donner aux enfants l’attention dont ils ont besoin.

« La Flandre investit déjà beaucoup dans l’enseignement néerlandophone à Bruxelles », réagit la députée flamande et Bruxelloise Khadija Zamouri (Open VLD). « Les classes à Bruxelles comptent déjà moins d’élèves comparées à celles dans les écoles de Flandre ».

La Commission communautaire flamande (Cocon) a affirmé qu’elle tiendrait compte dans ses décisions des remarques des participants au Parlement d’enseignants. Elle pourrait éventuellement effectuer des modifications ou des adaptations dans certaines écoles.