"Je crains le retour de combattants de Syrie"

Le ministre des Affaires Etrangères Didier Reynders (MR) souligne un « vrai risque terroriste » de voir revenir en Belgique des personnes radicalisées, ayant suivi des entraînements ou combattu aux côtés de djihadistes. Il ne voit par contre pas de preuves suffisantes d’une attaque chimique en Syrie, que pour justifier une intervention militaire.

Dans une interview accordée ce vendredi matin à la première chaîne radio de la VRT (émission « De Ochtend »), le chef de la diplomatie belge a estimé que « le nombre croissant de combattants occidentaux en Syrie représente un problème. Quel sera leur état quand ils rentreront au pays ? ». Didier Reynders (MR) a réclamé un meilleur échange d’informations à ses collègues belges et étrangers. « Sans cet échange d’informations, je ne peux pas faire grand-chose ».

Le ministre des Affaires Etrangères comprend que la justice et les services de police ne peuvent pas communiquer certaines informations, pour ne pas nuire au secret de l’enquête, « mais il est difficile pour mon département de fonctionner dans ces conditions ». Selon ses propres dires, Reynders n’aurait reçu des informations que des familles des jeunes Belges musulmans qui sont partis en Syrie.

Didier Reynders estime d’autre part qu’il est nécessaire d’intervenir sur le plan humanitaire. « Pour ce qui est des réfugiés, il faut une règlementation européenne pour des groupes spécifiques tels que les femmes et les enfants. La situation humanitaire en Syrie est dramatique. Avant la guerre, il y avait dans une ville comme Alep quelque 5.000 docteurs. Maintenant, il n’en reste que 35 ».

Le ministre salue l’effort des médias belges pour attirer l’attention du public sur la situation en Syrie et celle des réfugiés (photo).

AP2013

"Pas de preuve d’attaque chimique"

Alors que plusieurs pays (Grande-Bretagne et USA, notamment) affirment maintenant que de petites attaques chimiques auraient été perpétrées en Syrie, le ministre belge Reynders affirme clairement : « Il n’y a pas de preuve d’une attaque au gaz innervant. Je me suis entretenu à ce sujet avec mon collègue américain John Kerry (photo). Il y a bien de petits indices, mais pas de preuve réelle ».

Alors qu’aux Etats-Unis on est divisé sur la nécessité d’une intervention militaire en Syrie, Didier Reynders souligne : « Nous devons vraiment être prudents, car je me souviens d’une réaction identique à propos de l’Irak ». En 2003, les troupes américaines intervenaient en Irak, pour éviter que le régime de Saddam Hussein n’utilise des armes de destruction massive. Finalement, aucune arme de ce type n’a été trouvée dans le pays.

« Nous devons absolument trouver une solution politique pour la Syrie », estime Didier Reynders. « Nous essayons de préparer un scénario pour l’après-Assad, mais c’est impossible à mener à bien actuellement à cause du veto de la Chine et surtout de la Russie ».

La Belgique a débloqué, jusqu'à présent, 9 millions d'euros pour l'aide aux réfugiés syriens, a encore précisé le ministre des Affaires Etrangères.