Lignes de force communales contre la radicalisation

Les bourgmestres d’Anvers (Bart De Wever, N-VA), de Malines (Bart Somers, Open VLD), de Vilvorde (Hans Bonte, SP.A) et de Maaseik (Anton Schaefer, CD&V) se sont réunis pour la seconde fois, ce jeudi soir. Ils ont scellé une collaboration concrète pour lutter contre le phénomène de radicalisation de jeunes musulmans, notamment dans leurs communes. Certains jeunes tentent en effet de rejoindre les combattants armés en Syrie.

Il y a deux semaines, les bourgmestres Bart De Wever, Bart Somers, Hans Bonte et le bourgmestre faisant fonction Anton Schaefer s’étaient déjà réunis à Anvers, pour échanger des idées sur la façon de lutter contre une radicalisation croissante de certains jeunes musulmans dans leur commune respective.

Ce jeudi soir, les quatre bourgmestres ont signé une lettre dans laquelle ils appellent les instances supérieures, tant fédérales que régionales, à formuler des suggestions afin d'empêcher le départ de jeunes vers des zones de conflit à l'étranger.

Ils ont également décidé de rédiger ensemble des instructions destinées à faciliter l’appréhension de ce phénomène, à faire de la prévention et à s'attaquer à la "déradicalisation" lors de la mise en place de nouveaux plans de prévention et de sécurité. Les bourgmestres appellent aussi à une meilleure formation pour les imams dans les mosquées.

"Ces instructions ne sont pas uniquement destinées à nos villes, mais également à toute la Flandre. Mais dans certains domaines, nous ne sommes pas compétents en tant que bourgmestres. C'est pourquoi nous demandons de l'aide aux plus hautes instances. Pas nécessairement une aide financière, mais surtout pour créer un cadre et nous soutenir quand c'est nécessaire", expliquait Bart Somers, bourgmestre de Malines. Une journée de débat sur la radicalisation est prévue pour octobre prochain.

Débat "entre le Meir et la Mecque"

Ce jeudi soir, le bourgmestre anversois Bart De Wever (N-VA) participait également à un débat avec des dizaines de jeunes musulmans dans sa ville. Ce projet s’inscrivait dans la série sur les jeunes musulmans, lancée par le quotidien Gazet van Antwerpen et intitulée « Entre le Meir et la Mecque ».

Le débat s’est déroulé dans une atmosphère détendue, les participants et le bourgmestre étant notamment d’accord sur le fait que les médias jouent un rôle important dans l’image que se fait la population de l’islam et des musulmans.

Pour réduire les inégalités entre les différents groupes de population, Bart De Wever veut avant tout accroître la participation à l’emploi des jeunes d’origine étrangère. L’administration communale donne le bon exemple en engageant déjà des allochtones.

« Il y aura toujours des différences culturelles », concluait le bourgmestre anversois. « Nous devons donc nous mettre d’accord pour arriver à former une équipe ».

Pascal Smet veut une inspection de profs radicaux

Le ministre flamand de l'Enseignement, Pascal Smet (SP.A, photo), veut que l'inspection de l'enseignement enquête sur les professeurs radicaux de religion musulmane, indiquent ce vendredi les journaux Het Laatste Nieuws et Gazet van Antwerpen.

Selon l'imam gantois Brahim Laytouss, les professeurs de religion musulmane sont placés devant les élèves sans encadrement et doivent dès lors trouver et rassembler leur matériel pédagogique sur internet. Des films réalisés par Sharia4Belgium seraient ainsi utilisés dans certaines classes.

Le ministre Pascal Smet, qui recevait ce vendredi avec le ministre-président flamand Kris Peeters et le ministre flamand en charge de l'intégration Geert Bourgeois une délégation de la communauté musulmane, pour discuter de l'enseignement de l'islam, déclare qu'il veut faire appel à l'inspection de l'enseignement pour empêcher ces dérives à l’avenir.

"On n’a pas accès aux plans de cours", indique-t-il dans Het Laatste Nieuws, "mais si les professeurs ne respectent pas les principes de la Convention européenne des Droits de l'Homme, nous allons agir. Un décret, qui rend cela possible, a déjà été approuvé par le gouvernement flamand. Cela va bientôt nous permettre de demander à l'inspection d'agir contre les enseignants radicaux."