"Lier la baisse des charges sur le travail à la lutte contre la fraude "

Bruno Tobback (SP.A), le président des socialistes flamands (photo principale), veut que chaque euro récupéré par le Secrétaire d’Etat John Crombez (SP.A) dans le cadre de la lutte contre la fraude et les paradis fiscaux soit utilisé pour réduire les charges sur le travail en Belgique. "Cela doit constituer notre engagement sans ambiguïté", a déclaré Tobback mardi soir, lors de son allocution du 1er mai prononcée au Vooruit à Gand (Flandre orientale). Tout comme le président du syndicat socialiste FGTB, Rudy De Leeuw, le président du SP.A a d’autre part vivement critiqué la politique européenne d’économie.

A la veille du 1er mai, Fête du Travail, le président du parti socialiste flamand Bruno Tobback prononçait ce mardi soir son traditionnel discours. Au Vooruit (photo) de Gand, un bâtiment d’un style entre l’Art Nouveau et l’Art déco lié au mouvement ouvrier, qui fête ses 100 ans cette année et abrite depuis le milieu des années 1980 un centre d’arts.

Bruno Tobback reconnait que les charges sur le travail sont trop lourdes dans beaucoup de secteurs en Belgique, mais estime que la recherche d’une solution aux charges élevées ne peut résulter dans un report de ce coût « sur le bas de l’échelle ».

"Notre engagement sans ambiguïté doit être le suivant: chaque euro que le Secrétaire d’Etat John Crombez récupère dans le cadre de la lutte contre la fraude sociale et fiscale et chaque centime qu'il peut pêcher dans les eaux tropicales servira à réduire les charges sur le travail", a indiqué le président du SP.A. Pour lui, la baisse des charges sur le travail doit d'abord intervenir dans des secteurs dont la productivité et la valeur ajoutée sont faibles et qui souffrent d'une forte concurrence à l'échelle internationale.

Dans un autre domaine, Bruno Tobback s'est également indigné du phénomène de radicalisme mis en exergue par le conflit en Syrie. "Je ne peux avoir la moindre compréhension, ni accorder la moindre excuse à ceux qui abusent des difficultés, de la vulnérabilité, voire même de l'esprit de contradiction de certains jeunes pour les faire tomber dans le fanatisme religieux ou politique", a-t-il commenté.

© Giannina Urmeneta Ottiker

"150.000 emplois"

Le président du syndicat socialiste FGTB, Rudy De Leeuw (photo, à dr.), a quant à lui jugé que la récupération de 13 milliards d'euros via la lutte contre la fraude fiscale et une réorientation des intérêts notionnels permettrait de créer 150.000 emplois.

Tout comme Bruno Tobback, Rudy De Leeuw a vivement critiqué la politique européenne d’économie qui, selon lui, a manqué son objectif, tant sur le plan économique que social.

Du travail pour tous

Lors de son discours prononcé à Coxyde (Flandre occidentale) à l’occasion de la Fête du Travail, la ministre fédérale de l’Emploi, Monica De Coninck (SP.A, photo), a souligné l’importance de donner du travail à tous. Elle a réfuté le modèle allemand « où 20% des personnes qui travaillent ne parviennent pas à payer leurs factures parce que leur salaire est trop bas ».

Pour pouvoir donner du travail à tous ceux qui en cherchent, avec un salaire décent et dans des conditions correctes, il faut stimuler davantage de solidarité, estime Monica De Coninck, et pas moins de solidarité. C’est là que les socialistes montrent le bon exemple, a conclu la ministre de l’Emploi.