La Commission européenne prévoit une croissance nulle en Belgique

La Commission européenne a clairement modéré vendredi, à l'occasion de la publication de ses prévisions économiques de printemps, les espoirs affichés par le gouvernement fédéral en matière de réduction de déficit public et de maîtrise de la dette pour les deux années à venir. L'exécutif européen y revoit en effet à la baisse ses précédents pronostics de croissance pour la Belgique cette année.

Celle-ci ne sera pas de +0,2%, comme encore escompté en février dernier, mais nulle tout au plus, soit une performance inférieure à celle attendue par l'équipe Di Rupo (+0,2%).
Une mauvaise nouvelle n'arrivant jamais seule, la Commission tempère aussi les espoirs belges en matière de déficit public nominal. Il devrait ainsi atteindre 2,9% cette année, selon la Commission, là où le gouvernement vise 2,5%.

Pire, il devrait même passer à 3,1% en 2014, soit au-dessus de la barre des 3% fixés par le pacte de stabilité, là où la coalition au pouvoir table sur... 2,0%.

Les prévisions européennes ne sont guère plus positives pour le déficit structurel de la Belgique, principal objectif poursuivi dorénavant par le gouvernement, en accord avec le commissaire Rehn (photo).
Ainsi, il devrait se maintenir à 2,3% du PIB en 2013 ainsi qu'en 2014, soit bien au-dessus des plans du gouvernement: 1,8% cette année, et 1,2% en 2014.
La dette publique belge devrait en conséquence encore continuer à gonfler durant les deux années à venir, à 101,4% du PIB en 2013, puis 102,1% l'année suivante, selon les estimations de la Commission.
Celle-ci attribue la situation difficile que connaît le pays à la faible consommation des ménages et les reports d'investissements décidés par les entreprises vu la crise qui perdure.
Heureusement, "les exportations compensent cette situation et évitent à la Belgique d'être en récession", analyse Olli Rehn. Face à ce constat, celui-ci a à nouveau invité la Belgique à poursuivre ses efforts d'assainissement: "La chose essentielle est de ramener les finances publiques sur la bonne voie".
Malgré ces prévisions guère réjouissantes, la Belgique devrait mieux performer que l'ensemble de la zone euro pour laquelle la Commission a également revu vendredi ses pronostics de croissance à la baisse à -0,4%, contre -0,3% en février dernier.
L'exécutif européen se veut toutefois plus optimiste pour 2014, année où le Vieux continent devrait, selon lui, retrouver la croissance grâce à une reprise de la consommation intérieure.
L'économie de la zone euro devrait ainsi croître de 1,2% en 2014. Une performance qui sera égalée par la Belgique, selon les calculs de la Commission.